Federer à Wimbledon, épisode II

31 juil. 2012 à 15:17:58

Federer à Wimbledon, épisode II
Jusqu'en 1988, à deux exceptions près, le tennis n'était pas invité aux Jeux Olympiques. Depuis, la balle jaune s'est rattrapée offrant des médailles à de grands champions comme Agassi ou Nadal. Pour l'édition 2012,...

Jusqu'en 1988, à deux exceptions près, le tennis n'était pas invité aux Jeux Olympiques. Depuis, la balle jaune s'est rattrapée offrant des médailles à de grands champions comme Agassi ou Nadal. Pour l'édition 2012, le plateau est digne d'un Grand Chelem. Parmi toutes les stars présentes, Roger Federer fait figure de patron. D'autant que le tournoi se déroule sur le gazon de Wimbledon.

 

Le favori : Roger Federer

Il est numéro 1 mondial, vient de braquer Wimbledon pour la septième fois et regarde la planète tennis du haut de ses dix-sept titres du Grand Chelem. Ouais, Roger Federer est le boss. Alors forcément, disputer un tournoi olympique sur le gazon londonien ressemble à une offrande pour le Suisse. Il le sait. Il assume même son statut. « Novak (Djokovic, Ndlr) dit que je suis le favori. Je l'ai battu à Wimbledon (en demi-finales, Ndlr) en jouant très bien, je suis n°1, donc oui, je peux être considéré comme le favori. Mais ce tournoi est différent de Wimbledon, les premiers tours sont piégeux. » Honnêtement, tout autre résultat qu'une belle médaille dorée serait considéré comme un échec pour le natif de Bâle. Mais bon, il se la joue petit bras malgré tout, affirmant que « ce n'est pas plus facile qu'à Wimbledon, même plus dur, car les matches sont au meilleur des trois sets. Cela resserre l'écart entre les joueurs. J'en suis conscient. Mais gagner Wimbledon a aussi renforcé ma confiance. » Roger déjà médaillé ? Presque.  

Le tableau :

On ne va pas se mentir, le tournoi masculin est relevé. Sacrément même. Federer, Djokovic, Murray, Ferrer, Tsonga, Del Potro, Tipsarevic, Isner, etc. Les têtes de séries ont de la gueule. Et les trouble-fêtes aussi avec Roddick, Nalbandian, Davydenko, Simon, Baghdatis ou encore Hewitt. Le tournoi olympique n'a rien à envier à un Grand Chelem ou un Masters 1000. Bon, le format en deux sets gagnants ne permet peut-être pas des matches aussi exceptionnels qu'en trois sets gagnants mais la qualité des engagés a de quoi mettre en appétit. Surtout qu’avec l’herbe de Wimbledon, les joueurs d'attaque seront favoris.  

Les absents :

Un nom revient avec frénésie : Rafael Nadal. Porte drapeau initial de la délégation espagnole, le gaucher s'est pété avant les JO. Pour ne pas flinguer sa fin de saison, Rafa a préféré regarder le tournoi depuis son canapé. Il l’a annoncé par un communiqué laconique : « Je ne suis pas en condition pour jouer et défendre mes chances. C'est un des moments les plus tristes de ma carrière. Je ne peux pas être égoïste et je dois penser au bien du sport espagnol. Je ne peux pas prendre la place d'un camarade qui est mieux préparé et capable de défendre ses chances. J'ai attendu le dernier moment pour l'annoncer. » Pis, l'Espagnol était le tenant du titre olympique. Ça promettait une sacrée baston avec Federer et Djokovic. On regrettera également la blessure au pied du Croate Ivo Karlovic une semaine avant le début des Jeux. Un peu plus tôt dans le mois, c'est Gaël Monfils qui avait laissé tomber, faute d'un corps suffisamment guéri.  

L'attente

Arnaud Di Pasquale avait tenté de ranimer la flamme avec son bronze en 2000 mais rien n'y fait. La médaille d'or se refuse à un Français. Cela fait exactement un siècle que la France espère un champion olympique chez les messieurs : depuis André Gobert, auteur d'un doublé simple et double messieurs en 1912. Gilles Simon, Julien Benneteau, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet sont prévenus.  

L'atypique

Malek Jaziri a 29 piges. Sa particularité ? Il est le seul représentant d'un pays arabe dans le top 100 mondial. Mieux, depuis la révolution tunisienne, Malek se sent pousser des ailes. Sur ESPN, il a avoué que le boxon dans son pays l'avait galvanisé : « La révolution m'a tellement aidé. Après, j’ai commencé à bien jouer. Vous vous sentez libre. Vous sentez qu'il n'y a plus de dictateur. Vous pouvez faire ce que vous voulez, dire ce que vous voulez. » D'autant que Malek a mis les mains dans le cambouis tunisien. Blessé à cette époque, il se rend au pays pour se soigner et assiste à l'embrasement de Tunis. Pour bien commencer son tournoi olympique, Malek devra scalper Lu Yen-Hsun. Avant de pouvoir défier John Isner…  

La déclaration

« Je suis excité à l’idée de disputer les Jeux olympiques car ils seront sur herbe et c’est une surface que j’apprécie. J’ai hâte d’y être et je suis curieux de voir ce que je vais ressentir. On va disputer des matchs au meilleur des trois manches jusqu’à la finale. Et ce format-là est une véritable loterie sur herbe. Tout peut arriver ».   Andy Roddick, en dépit d'un corps qui se traine sur le pré, se montre confiant avant le tournoi. La faute à son service marteau, véritable arme fatale sur herbe.  

L’info bonus

La dotation en points ATP : 750 pour la médaille d'or, 450 pour l'argent, 340 pour le bronze.   Par Mathieu Faure

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