À 22 ans, Arthur Fils a déjà écrit son nom dans l’histoire du tennis masculin français. 9e mondial depuis lundi, il est devenu le 13e Tricolore¹ à avoir trouvé la clef du top 10 depuis la création du classement ATP en août 1973.
Pour son premier tournoi en tant que membre de cette élite, pas de statut de tête de série. Pas même d’entrée directe. Il a dû passer par la « petite porte », les qualifications. La faute à une décision de s’inscrire à Tokyo — où il s’est hissé en quart de finale ce vendredi — prise légèrement trop tard, « six ou sept heures après la date limite », comme il l'a expliqué.
L'un des défis les plus difficiles de cette année.
Deux matchs à gagner face à des adversaires placés nettement moins haut que lui dans la hiérarchie ; une broutille, pourrait-on penser. Pas tant. Si, évidemment, sur le plan du jeu, Fils avait de quoi éviter l’écueil sans encombre, la difficulté résidait dans la gestion mentale de l'événement. Ne pas trembler, tout en sachant que les détracteurs étaient aux aguets du faux pas, prêts à dégainer un : « Super le top 10 qui perd en qualif’ ! Surcoté ! »
Afin de se préparer, Fils a pris cette situation comme une opportunité de tester sa résistance aux attentes incommensurablement pesantes de celui qui doit obligatoirement gagner. « Ça a été l’un des défis les plus difficiles de cette année », a-t-il confié après avoir passé le premier tour du tableau principal face à son ami Luca Van Assche, récemment sacré sur le circuit après une période de doutes profonds et membre de la #TeamJeunesTalents.
J’étais très tendu, parce que d’une certaine façon je n’avais « pas le droit de perdre ».
« J’étais très tendu, parce que d’une certaine façon je n’avais “pas le droit de perdre” (en qualifications), a-t-il ajouté. Aujourd’hui (mercredi), j’étais plus détendu. J’ai fait face à tellement de pression pendant les qualifications. »
Alors que la perspective de devoir passer par cette épreuve aurait pu en rebuter certains, Arthur Fils a su la prendre comme une expérience positive. Une façon de poursuivre son apprentissage de la gestion des pressions fortes, qu’il pourrait retrouver au moment de graver à nouveau son nom dans l’histoire du tennis masculin français. En lui souhaitant qu’il soit un jour en lettres aussi majeures que celles composant le patronyme de Yannick Noah.
¹ Les 13 Français qui ont intégré le top 10 du classement ATP, par ordre chronologique :
1. Yannick Noah
2. Henri Leconte
3. Thierry Tulasne
4. Guy Forget
5. Cédric Pioline
6. Arnaud Clément
7. Sébastien Grosjean
8. Richard Gasquet
9. Gilles Simon
10. Jo-Wilfried Tsonga
11. Gaël Monfils
12. Lucas Pouille
13. Arthur Fils