Hier soir, comme des millions de gens, j'ai regardé la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres. J'ai trois légitimes raisons de commenter ce spectacle ici. D'abord, le tennis est un sport olympique....
Hier soir, comme des millions de gens, j'ai regardé la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres. J'ai trois légitimes raisons de commenter ce spectacle ici. D'abord, le tennis est un sport olympique. Ensuite, des joueurs de tennis défilaient et certains étaient même porte-drapeau. Enfin, je regardais TF1 avec Amélie Mauresmo en consultante, un choix que je me garde, pour l'instant, de commenter. Tout a bien commencé. Devant un apéritif, accompagnés d'amis enthousiastes, on allait avoir un beau spectacle. On n'a pas été déçus : Danny Boyle à livré un « show » d'exception. Jusque là tout allait bien. Puis, a commencé le défilé des athlètes. Enfin, de certains athlètes... D'autres, comme Mika Llodra, étaient restés dans leur habitations (hôtels, maisons, et pour les plus pauvres, village olympique) ou n'étaient même pas encore sur place, comme Lemaître ou Lavillenie. Je précise que parmi les défilants, il y avait tout de même Lebron James et Kobe Bryant. Moi je dis, cérémonie obligatoire pour tout le monde ! Qu'ils soient tous égalitairement bien crevés. Je m'égare. Le défilé, donc, démarre. C'est plutôt sympa, mais on est descendu d'un gros niveau par rapport au spectacle de Danny Boyle. Et puis, c'est rapidement répétitif. Entre nous, évidemment, on commente : « Ils ont tous un portable dans la main », « Eux, ils sont nombreux », «  Ah ça, c'est bien des têtes d'Ukrainiens ». A la lettre D, on commence à avoir épuisé notre stock de brèves de comptoir. Et il y a 204 pays.... Au bout d'un moment, les amis s'en vont, Madame va se coucher, je reste seul, bien décidé à m'accrocher, pour pouvoir témoigner devant l'Histoire. Je viens d'une famille où l'Eurovision était une religion. C'est long l'Eurovision, très long. J'ai de l'entraînement. Mais à côté de la cérémonie des Jeux, c'est de la gnogniotte. Et puis, il y les commentateurs. Au début, j'étais moqueur, la critique facile. Avant de me rendre compte de la douleur dans laquelle nos braves se trouvaient. Après avoir dit 28 fois qu'un pays était enclavé à chaque fois qu'il l'était, et trouvé une connexion avec la France, les commentateurs, à bout de nerfs, se sont tus. Ou presque. Je ne critiquais même plus, je laissais juste échapper des rires nerveux et désespérés (je fais un peu long exprès pour vous mettre dans l'ambiance car je sais que vous n'avez pas tenu le choc, comme moi). Enfin, arrive la délégation de Grande Bretagne. Regain d'énergie pour tout le monde. On se dit que ça va peut-être se terminer. Mais non. On nous inflige encore deux discours soporifiques de Sébastien Coe et Jacques Rogge, lors desquels les spectateurs qui sont restés se sentent obligés d'applaudir chaque phrase. Vient ensuite le tour de la Reine, qui se lève, dit « les jeux sont ouverts » avec une gueule de dix pieds de long (et oui, elle aussi elle s'est ennuyé) et va se rassoir. Puis le moment T (ou M, comme vous voulez) : la flamme. Beckham, d'un bateau, la transmet à Steve Redgrave. Qui se met à courir. Mais encore très loin du stade. Je frôle l'endormissement. Ils n'auraient pas pu faire leur petit trafic plus près du stade ? J'en peux plus. Pendant ce temps, Mohamed Ali, encouragé par sa femme mais incapable du moindre mouvement, regarde tristement monter le drapeau olympique. Pathétique et « pointless », comme disent les Anglais. Finalement, God thanks, la flamme est ENFIN allumée. Paul McCartney chante « Hey Jude » devant un stade à moitié vide. J'ai mon dernier éclat de rire (nerveux) quand le commentateur, toujours le même, refuse de rendre l'antenne avant d'avoir remercié la terre entière et rappelé à Amélie qu'ils se retrouveraient pour la cérémonie de clôture. Dommage Momo.