Medvedev, échec et maître

23 nov. 2020 à 07:03:53 | par Sylvain Langlois

Daniil Medvedev a remporté le plus beau titre de sa carrière au Masters de Londres en renversant Dominic Thiem grâce à son sens tactique hors normes 4-6 7-6 6-4.

Ce Daniil Medvedev est vraiment l’homme des fins de saisons.

Après un été 2019 extraordinaire ponctué de deux titres en Masters 1000 (Cincinnati et Shanghaï) et une finale d’US Open, le Russe réitère cet automne avec une ½ finale à l’US Open, un titre au Masters de Paris Bercy et donc enfin, le plus beau : le Masters ! 

Pourtant et même s’il arrivait à Londres tout auréolé de son sacre à Bercy, Medvedev ne faisait pas figure de favori pour cette dernière édition du tournoi des maîtres sise à l’O2 Arena. Il faut dire que cette année le plateau était particulièrement relevé, entre un Nadal venu chercher l’un des rares grand tournoi qui lui manque et plus frais que jamais, un Novak Djokovic N°1 mondial ou encore un Dominic Thiem vainqueur du récent US Open. D’autant que le plus francophone des joueurs russes ne restait pas sur une expérience très concluante ici avec 3 défaites en 3 matchs l’an dernier. 

3 victoires sans perdre de set

Sauf que pour cette édition 2020 du tournoi des maîtres, Medvedev est venu avec de bien meilleures attentions et surtout, dans une bien meilleure forme physique qu’après sa dernière fin de saison marathon. Pour preuve : ses 3 victoires en poules sans perdre de set, dont un impressionnant 6-3 6-3 face à Novak Djokovic, confirmées par un premier succès face à Rafael Nadal dans le dernier carré. Rien que ça. 

Medvedev

C’est donc le moral gonflé à bloc que le Russe démarrait cette finale face à Dominic Thiem. L’Autrichien, vainqueur lui de Nadal en poule et Djokovic en ½, ne manquait pas non plus d’arguments. La finale débute donc très fort entre ces deux membres de la « jeune » génération qui ont volé la vedette au Big 3. Pas de round d’observation, tout de suite les parpaings. 

Tout de suite les parpaings

Alors qu’il semble au-dessus en termes d’agressivité et de puissance, Medvedev ne parvient pas à breaker sur ses deux premières occasions. Et c’est finalement Thiem qui y parvient pour mener 3-2 suite à un smash « baduf » et une double faute de son adversaire du soir. Ascendant définitif pour « Domi » dans ce set et ça fait 6-4 en 50 minutes de jeu et de points tous plus impressionnants les uns que les autres. 

Génie tactique

Fort de son avantage au tableau d’affichage, Dominic Thiem démarre parfaitement la 2ème manche, laissant Medvedev sans solution face à sa puissance et ses slices de revers. Et finalement c’est au tour du N°3 mondial de se louper. Alors qu’il semblait en contrôle et en bonne position pour breaker, l’Autrichien enchaîne inexplicablement les fautes directes. C’est là que le génie tactique du Russe entre en scène, montant à contre temps pour abréger les échanges et surprendre Thiem. Des prises de risques à répétition qui finissent par payer. Incapables de se départager durant 12 jeux, les deux adversaires nous emmènent au tie-break… Que Medvedev survole en alignant les montées et 7 points de rang : 7-2, un set partout ! 

La 9ème balle de break est la bonne

Alors qu’elle semblait promise à Dominic Thiem, cette dernière finale londonienne était complètement relancée. Réputé d’un tempérament bouillonnant, Daniil Medvedev fait étalage de toute sa sérénité dans ce 3ème set. Mettant en difficulté Thiem dès le 3ème jeu, le quatrième joueur mondial ne s’agaça pas de son incapacité à conclure pour enchaîner sur un jeu de service parfait, bouclé en 1 minute 09. Sûr de lui-même, il continua à attaquer le filet et finit enfin par faire plier l’Autrichien au service pour la première fois du match sur sa 9ème balle de break du match pour mener 3-2 !

Medvedev

Pas affolé pour un sou, le Russe aligne les jeux de service sans broncher tandis que son compère de l’autre côté du filet semble accuser le coup physiquement. Aucun signe de fébrilité non plus sur sa 1ère balle de match, alors que se profilait le plus important titre de sa carrière, conclue sur un retour dans le filet de Thiem. Onze ans après son compatriote Nikolai Davydenko, un nouveau Russe soulevait la coupe des ATP Finals ! Échec et maître. 

 

Avantages

Découvrez les avantages WE ARE TENNIS

En savoir plus