Comme vous, j'ai été vaguement surpris par le deuxième départ à la retraite de Justine Hénin. Ma réaction initiale à la lecture de la dépêche a été un léger : « ah bon... ». Puis, après petite cogitation, j'ai...
Comme vous, j'ai été vaguement surpris par le deuxième départ à la retraite de Justine Hénin. Ma réaction initiale à la lecture de la dépêche a été un léger : « ah bon... ». Puis, après petite cogitation, j'ai réalisé que cette nouvelle me procurait, en fait , une vraie joie. Ce n'était pas d'apprendre que Justine avait une blessure suffisamment grave pour mettre un terme - définitif - à sa carrière qui m'égayait, mais plutôt le fait d'avoir assisté à un come back loupé sur le circuit féminin. Jusque là, une joueuse qui faisait partie des meilleures mondiales et qui se retirait pour revenir n'avait aucun mal à réintégrer le top 10, gagner des tournois et même remporter des Grands Chelems. Il n'y a pas si longtemps de cela, on pouvait facilement dire, et moi le premier, :  « Le tennis féminin n'est pas au niveau, la preuve : une joueuse peut arrêter deux ans, revenir et gagner des titres ». Cette phrase est désormais caduque. Le tennis féminin est en train de rattraper son retard et ne permet plus à ses revenantes de briller. Et ça, franchement, ça fait plaisir. Les filles se sont enfin rebellées. Si j'étais joueuse professionnelle, je dois avouer que ça me gonflerait profondément de voir une dilettante me mettre une danse après deux ans d'arrêt. Si j'avais été joueuse (en fait c'est techniquement compliqué, voire impossible) et que je doive ré-affronter une fille comme Justine, à la fois surdouée des courts et handicapée des relations humaines, je me serai sur-motivée pour la battre. Cela dit, on peut aussi légitimement se poser la question des raisons de son retour. N'avait-elle pas remporté assez de titres? Avait-elle des problèmes financiers? Une certitude, son retour est un échec et ternit son image. On se souviendra désormais d'une fin de carrière « moisie », achevée sur un échec. Sans ce come back, on aurait gardé l'image d'une joueuse fédererienne, partie trop tôt pour des raisons restées mystérieuses à tout jamais. Suspense, tristesse, regrets: parfait. J'ai maintenant un ultime souhait : que cet échec serve de leçon à celles et ceux qui seraient tentés par une deuxième aventure. A tous ceux-là, je n'aurais que deux mots à dire : abstenez-vous!