Pourquoi Nadal ne gagnera pas Monte-Carlo

7 mai 2012 à 17:56:35

Pourquoi Nadal ne gagnera pas Monte-Carlo
Non, cette année, Rafael Nadal ne remportera pas un 8ème titre consécutif aux Masters 1000 de Monte-Carlo. Impossible. Il doit en laisser un peu aux autres. Parce qu’il faut s’accrocher à rien pour y croire, voici...

Non, cette année, Rafael Nadal ne remportera pas un 8ème titre consécutif aux Masters 1000 de Monte-Carlo. Impossible. Il doit en laisser un peu aux autres. Parce qu’il faut s’accrocher à rien pour y croire, voici trois quatre fois rien pour s’en convaincre.

1.  Parce que Novak Djokovic est enfin là

La saison dernière, à la même époque, Nole, tête de série n°1, n’avait pu se présenter sur les courts du Monte-Carlo Country Club. La faute à une sale blessure au genou. En son absence, Nadal a tranquillement posé sa très grosse empreinte sur la vitrine du tournoi (7 titres consécutifs). Moins fort qu’en 2011, où il envoyait dans les cordes le tout-venant, battait Rafa chez lui à Madrid et poussait la série à 41 victoires consécutives (jusqu’à la demi-finale contre Roger Federer à Roland-Garros, Ndlr), Djoko peut néanmoins cette année enfin recevoir en pleine possession de ses moyens. Avec deux petits avantages : une victoire mémorable contre Nadal à Melbourne en début d’année et un genou incertain. Pas le sien cette fois-ci, celui de Rafa. Parfois, l’histoire tourne.

2.  Parce qu’il est très bien ce chiffre 7

Sept titres consécutifs à Monte-Carlo donc. Le chiffre sept n’est pas anodin. Considéré pour certains comme un chiffre magique, le sept convient bien au palmarès parfait, au jeu sans défaut et au bandeau absolu de Rafael Nadal. Si l’Espagnol n’est pas convaincu qu’ajouter un 8ème titre à son arc est superflu, il n’a qu’à se souvenir que Lance Armstrong s’est arrêté à sept Tour de France, qu’il n’y a que sept péchés capitaux, sept merveilles du monde, que les footeux de l’Olympique Lyonnais ont calé à sept titres consécutifs de Ligue 1, qu’il n’y a que sept tomes des aventures d’Harry Potter, sept couleurs dans un arc-en-ciel et qu’il n’y a rien derrière le septième art. D’ailleurs ne s’envoie-t-on pas au septième ciel, plutôt qu’au huitième ? Le chiffre 7 lui va définitivement mieux.

3.  Parce que Nadal est dans le tableau d’un Belge

Il faut aujourd’hui avoir un peu de bouteille ou s’appeler Djokovic, Söderling voire Federer pour s’enorgueillir d’une victoire sur terre battue face au Taureau de Manacor, cannibale terrien, aux multiples jardins (Roland-Garros, Monte-Carlo, Rome, Barcelone, Ndlr). Suédois et Suisse absents, Djoko placé sur la partie haute du tableau, Rafael Nadal semble avoir le champ libre jusqu’à la finale. Erreur. A y regarder de plus près, il s’apercevra dans son tableau qu’Olivier Rochus lui a déjà enlevé une victoire sur terre. Le papa belge l’avait terrassé (6-2, 6-2), à Majorque en 2002, oui oui. A l’époque, l’Espagnol, encore brut de décoffrage, évoluait au-delà du 750ème rang mondial quand Rochus squattait la 70ème place. Le rapport de force a évidemment changé aujourd’hui, mais Rochus, 31 ans, a réussi quelques jolis coups en 2010, contre Djokovic à Miami, ou Söderling à Nice. S’il n’est pas déjà éliminé à la lecture de cet article, le Belge pourra s’offrir une dernière fois le scalp de Rafa. Faire un coup sur le Rocher en s’appelant Rochus, contre Nadal, les éditorialistes s’en donneront à cœur-joie.

4.  Parce que sans Roger, ça ne sert à rien

Le tirage au sort des tableaux de l’édition 2012 de Monte-Carlo, dévoilé samedi après-midi, n’inspire pas la fin de règne de Rafael Nadal en Principauté. L’Espagnol ne peut réellement frémir que des spécialistes Verdasco et Almagro, et sans trop y croire de Tsonga au stade des demi-finales. Novak Djokovic, malgré son statut de tête de série numéro 1 a un menu potentiel plus copieux : Juan Monaco ou David Ferrer, Andy Murray ou Tomas Berdych en fin de parcours avant d’aller se coltiner le Majorquain. Alors, oui les éléments ne sont pas franchement pour le Serbe mais un être manque à Nadal : Roger Federer, sa principale victime sur terre. Absent une seule fois sur les sept années de domination nadalesque à Monaco, l’Espagnol avait expédié une finale sans saveur, en 2010, contre un Fernando Verdasco martyrisé (6-1, 6-0). Nul doute que pour le panache et une question de classe, Rafael Nadal ne pourra s’offrir ce huitième titre monégasque sans combattre Roger, le joueur qui l'a rendu grand. Par Ronan Boscher

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