Nouveau Roland-Garros : les travaux avancent, le stade est bientôt prêt à déployer ses ailes !

27 mars 2019 à 16:00:00

À Roland-Garros, le projet d'extension et rénovation avance. Bien qu'encore en chantier, le Central, symbole des travaux, sera prêt en temps et en heure pour le début du tournoi 2019.

Comme impatient de découvrir le nouveau Roland-Garros, le printemps est en avance. Le soleil chauffe, mais les oiseaux ne chantent pas encore. L'heure n'est pas au traditionnel panama. Plutôt au casque de chantier. On ne frappe aucune balle. Seulement les murs, les tribunes, le métal, le béton... Pour casser, reconstruire, bâtir. Début mars, We Are Tennis est présent Porte d'Auteuil. Afin de présenter l'avancée du projet d'extension et rénovation du stade, la Fédération française de tennis organise une visite de son nouveau nid.

Après quelques pas au milieu d'allées vides de badauds, surplombées de grues, nous voilà sur le Court Philippe-Chatrier (photo 1). Détruit à 80 % après le onzième sacre de Rafael Nadal l'an passé, il doit être achevé pour le tournoi 2019. "Les riverains ont eu quelques nuits difficiles", confie Gilles Jourdan, responsable des opérations de modernisation. "Entre 800 et 900 ouvriers travaillent jour et nuit", ajoute-t-il. "Comme on dit dans le sport, nous sommes dans le 'money time'. Le stade doit être livré au 15 avril. Nous ne sommes pas inquiets. Nous avons zéro marge, mais le planning est respecté. Seul un tremblement de terre pourrait nous empêcher d'être dans les temps."Le court Philippe-Chatrier en chantierS'il n'est pas encore tout à fait prêt à déployer ses ailes, le Central prend de la hauteur pour passer "de 18 à 31 mètres". Sa capacité, elle, ne bouge pas. Elle reste de 15 000 places. Soit 7 500 de moins que le Arthur Ashe de l'US Open - le plus grand stade de tennis au monde -, mais autant que le Centre Court de Wimbledon et la Rod Laver Arena de l'Open d'Australie. Le but du réaménagement des tribunes est d'apporter plus de visibilité, d'espace et de confort aux spectateurs. Quant au tant attendu toit rétractable, sa construction est prévue pour 2020.

Un soulagement, proche, pour les organisateurs, alors que plusieurs joueurs n'hésitent pas à leur voler dans les plumes depuis quelques années. "Je trouve incroyable que, dans un tournoi historique, on n'ait pas un ou deux courts couverts. Avec ce qu'il tombe comme pluie à Paris, cela me paraît ridicule", lâche David Ferrer en 2016. Moins véhément, Novak Djokovic - comme Thomas Berdych, Simona Halep ou encore Agnieszka Radwanska - réclame lui aussi "un toit" après "plus deux sets sous le crachin", sur un court devenu "dangereux", lors de cette même quinzaine aussi pluvieuse qu'un automne breton.Calés dans les pas de Gilles Jourdan, nous prenons ensuite la direction du Suzanne-Lenglen. Rénové en 2017, ce dernier est cette fois à l'abri des coups de marteau. Mais depuis ses cimes, il offre une vue imprenable sur une zone en travaux. Celle du "Fonds des Princes" (Photo 2). Située à l'ouest du Lenglen, elle "doit être terminée avant le prochain tournoi pour accueillir quatre courts de compétition et deux d'entraînement", nous explique notre guide. Une fois l'observation à distance terminée, la visite prend fin. Le temps passe trop vite. Il est l'heure de se serrer la pogne. Sans passer par le fameux "Court des Serres" (photo 3).

Déjà achevé, ce petit bijou architectural baptisé "Simonne-Mathieu" en hommage à la deuxième joueuse française la plus titrée de l'histoire est tenu loin de nos regards. Son inauguration ayant lieu un peu plus tard, le 21 mars. Seule façon de l'observer : la rue. Derrière des grilles aux allures de cage. Semi-enterré, enchâssé entre quatre serres, il allie nature, sport et esthétisme. "C'est un court unique au monde", s'enthousiasme Guy Forget le jour de sa présentation officielle. "Ce court est somptueux, probablement l'un des plus beaux que j'aie vu. C'est un véritable chaudron qui devrait permettre d'assister à des matchs explosifs !"Le Court Simonne-Mathieu, inauguré le 21 marsPouvant accueillir jusqu'à 5 000 passionnés, il devient le troisième plus grand court du complexe parisien. Juste devant le N° 1, dont le chant du cygne est programmé après l'édition 2019 afin de permettre l'agrandissement de la Place des Mousquetaires. Transformée en vaste esplanade verte, celle-ci sera ouverte tout au long de l'année pour s'offrir aux gazouillis des flâneurs.

Malgré tous ces efforts pour se remplumer, Roland-Garros restera encore un peu frêle comparer aux trois autres tournois du Grand Chelem. À la fin des travaux, prévue pour 2021, sa superficie atteindra 12,5 hectares. Contre 17,7 hectares actuellement pour Wimbledon, 18,8 hectares à Flushing Meadows et 20 hectares du côté de Melbourne. En terme d'infrastructures, le Majeur australien compte déjà trois courts pourvus de toits rétractables. Ses compères américain et anglais en auront un deuxième dès 2020.

Mais "ces travaux, indispensables pour moderniser Roland-Garros, sont faits pour apporter du qualitatif, et non du quantitatif", détaille Gilles Jourdan. Après tout, ce n'est pas la taille qui compte. Pour prendre son envol et atteindre les sommets, être trop lourd n'est jamais bon. Bien qu'elle puisse se targuer d'être le plus grand des oiseaux, l'autruche est incapable de voler.

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