Top 6 : Joueurs fauchés

28 juin 2017 à 00:00:00

Habitué aux problèmes d’argent depuis la fin de sa carrière, Boris Becker aurait dernièrement emprunté des millions d’euros qu’il serait incapable de rembourser. Ce n’est malheureusement pas le premier.

Habitué aux problèmes d’argent depuis la fin de sa carrière, Boris Becker aurait dernièrement emprunté des millions d’euros qu’il serait incapable de rembourser. Ce n’est malheureusement pas le premier : avant lui, d’autres ont connu la ruine financière.

 

Henri Leconte, l’arnaque


Ne jamais croire aux promesses d’un politicien. Après avoir mis un terme à sa très belle carrière, Henri Leconte suit les conseils de Nicolas Sarkozy, qui lui présente Jacques Heyer. Lequel lui assure qu’il saura prendre soin de ses biens. Henri lui donne alors carte blanche sur ses finances. Sauf qu’en 1997, le pote suisse de l’ancien Président révèle sa face cachée d’escroc. « Un jour, j’ai reçu un coup de fil d’un avocat, raconte le finaliste de Roland-Garros 1988 dans son autobiographie. Il a été clair : ‘Henri, tu n’as plus rien !’ Non seulement, l’ami arnaqueur était parti avec des millions, mais il m’escroquait tranquillement, façon petite fourmi, depuis des années. » Ou quand les paradis fiscaux ressemblent à un enfer…

 

Catherine Tanvier, le rebond après la chute


Vingtième mondiale en simple en 1984, seizième en double en 1986. De quoi faire des économies et anticiper la retraite sportive. Oui mais voilà : Catherine Tanvier a toujours subi de gros problèmes personnels, entre des relations familiales compliquées et une homosexualité non assumée. Une fois la raquette rangée, la Française sombre dans la dépression et s’isole complètement, vivant du RMI dans le logement de sa mère. « J'étais seule, sans ami. Je n'étais pas vraiment heureuse. J'étais une splendeur impénétrable, un mensonge indécelable », confie-t-elle dans son autobiographie intitulée Déclassée, de Roland-Garros au RMI. Pour ne rien arranger, le fisc ne la lâche pas et lui réclame jusqu’à 700 000 euros. Soit ce qu’elle a gagné en deux décennies de tennis, selon ses calculs. Reste que celle qui tenta un jour de se suicider trouvera la force de retomber sur ses pattes grâce à sa plume. Avec un roman et deux autobiographies.

 

Arantxa Sanchez, les maux familiaux


Attention : avoir gagné tous les tournois du Grand Chelem, avoir ramené quatre médailles à sa nation aux Jeux Olympiques, avoir empoché 45 millions de gains sur les courts et avoir été la meilleure joueuse de la planète durant plusieurs années ne suffit pas pour récupérer un totem contre la ruine financière. Surtout si on ne s’entend pas avec sa famille. C’est ainsi qu’en décembre 2009, Arantxa Sanchez a été condamnée à verser 3,5 millions d’euros d’amende au trésor public espagnol en raison d’une évasion fiscale datant de 1989 à 1993. Impossible de payer, répond Sanchez. La raison ? Son père et son frère, aidés par un avocat et un gestionnaire, lui auraient tout volé, répond celle qui a porté plainte en 2012 pour « détournement de fonds et administration frauduleuse ». « Ils m'ont laissée sans rien, , dénonce-t-elle dans son autobiographie, évidemment. Je suis endettée auprès du fisc et mes propriétés valent par exemple bien moins que celles que peut avoir mon frère Javier, qui a gagné beaucoup moins que moi durant sa vie. »

 

Patty Schnyder, les mauvais choix


« J'ai parfois l'impression qu'elle perd tout sens logique. Elle est très chaleureuse, une vraie bonne personne, mais elle a une douloureuse propension, celle de ne jamais prendre la bonne décision. Il y a des gens qui, sur dix choix importants, feront dix fois le bon : elle, c'est le contraire. » Les propos, signés Eric van Harpen (un de ses entraîneurs) dans les colonnes de Sonntags Blick, sont cruels pour Patty Schnyder. Mais visiblement teintés de vérité. Après avoir amassé plus de huit millions de dollars avec ses coups droits, la Suisse s’arrête en 2011 et enchaine les mauvaises rencontres. D’abord Rainer Harnecker, ancien membre de la scientologie, dont elle est « amoureuse contre son gré » d’après son père. Puis Rainer Hofman, détective privé engagé par… son père et avec qui elle se met couple. Ne payant plus son loyer, elle disparait complètement. En laissant une grosse ardoise : la demoiselle est ruinée et ses biens sont mis aux enchères. Finalement, Schnyder réapparait et reprend même le tennis en 2015. Avec des résultats plus que corrects. Enfin une bonne décision.

 

Björn Borg, la reconversion dangereuse


Lorsqu’il range son bandeau, Björn Borg a des idées de reconversion plein la tête. Après avoir mûrement réfléchi, il opte pour la mode et lance sa ligne de vêtements en y investissant pas mal d’argent. Mais ne s’improvise pas chef d’entreprise qui veut : la greffe ne prend pas et à la fin des années 80, les affaires tournent mal. « J’avais confié la direction de l’entreprise à des copains que je croyais honnêtes et loyaux, mais ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que de m’arnaquer, témoigne Borg dans L’ExpressLa seule chose qui les intéressait, c’était de profiter de ma notoriété pour devenir riches et célèbres. Ils ont échoué : après quelques années, la boîte a été déclarée en faillite. » Coïncidence ou pas, Björn se fait interdire l’entrée des casinos européens et met ses trophées aux enchères quelques années plus tard. Sans compter que sa marque a été rachetée environ treize millions d’euros et qu’il a perçu des pourcentages non négligeables dessus jusqu’en 2016. En voilà un qui s’en sort très bien.

 

Goran Ivaniševi?, la reconversion désastreuse

 

Comment perdre 19 millions d’euros sans rien faire ? En investissant dans l’immobilier. Qui, pour, Ivanisevic, s’apparente à un monde de pourris. « Je n'appartiens à aucun parti, aucun lobby… Je n'ai corrompu personne. Or, dans le bâtiment, c'est impossible de faire quoi que ce soit sans verser des pots-de-vin, réagissait-il en 2005 dans GlobusC'est ma faute si j'ai voulu entrer dans un secteur d'activité où l'honnêteté n'existe pas. Les gens qui travaillent dans ce secteur sont des requins. » Raison pour laquelle le gentil Goran a tout perdu : « Mes investissements ont coulé, tels le Titanic. Dès le début, les choses se sont mal passées. Chaque fois que j'ai investi en Croatie, cela a échoué. » Le remède ? Les matchs chez les vétérans. Qui rapportent un minimum de flouze. 

 

Par Florian Cadu

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