Tu sais que tu n’as pas vraiment mérité ce titre quand…

3 mars 2017 à 00:40:00

Comme Jack Sock, titré sans jouer à Delray Beach suite à la blessure de Raonic, tu es bien conscient que le trophée que tu tiens dans tes mains n’est pas le plus beau de ta carrière. Car c’est avant tout la chance et les circonstances qui t’ont

Comme Jack Sock, titré sans jouer à Delray Beach suite à la blessure de Milos Raonic avant la finale, tu es bien conscient que le trophée que tu tiens dans tes mains n’est pas le plus beau de ta carrière. Car c’est avant tout la chance et les circonstances qui t’ont permis d’aller le chercher. Tu l’avoues quand…

 

… tu as gagné Roland-Garros sans battre Rafael Nadal.

 

… tu as gagné le Masters 1000 de Madrid sur une terre battue bleue.

 

… ton adversaire en finale a réalisé énormément de fautes directes, mais trois fois plus de coups gagnants que toi. La meilleure attaque, c’est la défense, mais quand même.

 

… la balle de match s’achève sur une double faute.

 

… tu n’as pas affronté de Top 20 durant le tournoi.

 

… tu n’as pas affronté le big four durant un Grand Chelem.

 

… tu es 212e et tu gagnes un Grand Chelem en affrontant quatre mecs de ta nationalité alors que l’Open d’Australie est censé être un tournoi international. N’est-ce pas, Mark Edmondson ?

 

 

… d’ailleurs, tu n’aurais jamais dû arriver en finale, puisque tu es lucky loser.

 

… tu vois ton ennemi du jour grimacer alors que le score indique 6-3, 5-2. À son avantage, évidemment.

 

… tu vois ton ennemi du jour être pris de vomissements.

 

… tu as appelé trois fois le kiné.

 

… pourtant, tes terribles crampes ne t’ont pas empêché de passer trois heures sur le court.

 

… ton coach déclare : « Ce titre n’est pas mérité. Nous avons eu beaucoup de chance ».

 

… les médias reconnaissent que tu as « profité pleinement des imprécisions adverses ».

 

… ces mêmes médias parlent davantage du malheureux finaliste que de toi.

 

… tu te dis que franchement, il a vraiment mal utilisé ses challenges. Contrairement à toi.

 

… tu te dis que franchement, le hasard fait parfois bien les choses. Merci le tirage.

 

… l’un des juges de ligne est en sang.

 

… tu te dis que franchement, l’arbitrage est un boulot difficile et qu’il faut savoir être clément avec l’erreur humaine.

 

… tu te dis que franchement, le sport ne se joue pas à grand-chose. À quelques millimètres, en fait.

 

… tu as sauvé une dizaine de balles de match pendant la compétition.

 

… tout le monde a oublié que tu avais un jour remporté un Grand Chelem. Et qu’aucune vidéo ne le rappelle. N’est-ce pas, Brian Teacher ?

 

… tu apprends que certains matchs ont peut-être été truqués. C’est vrai qu’il n’a pas montré une grande détermination, cet Oliver Anderson.

 

… tu joues contre ta sœur. Serena, on t’a déjà dit d’arrêter de faire pleurer Vénus.

 

 

… tu te demandes quelle boite de nuit a choisi ton adversaire la veille. Et à quelle heure il est rentré.

 

… surtout quand il te réclame le score alors que tu lui as annoncé quelques secondes auparavant.

 

… encore plus quand il pense que le point est terminé alors qu’il n’y a que 40-0.

 

… mais tu essayes tout de même de te convaincre que c’est toi qui est fort, et non pas lui qui est faible.

 

Par Florian Cadu

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