Top 10 : crocodiles de la terre battue

9 mai 2012 à 15:33:00

Top 10 : crocodiles de la terre battue
Aujourd’hui presque en voie d’extinction, à part peut-être en Amérique du Sud, les crocodiles de la terre battue fascinaient par leur personnalité –souvent excentrique- et leur endurance digne de...

Aujourd’hui presque en voie d’extinction, à part peut-être en Amérique du Sud, les crocodiles de la terre battue fascinaient par leur personnalité –souvent excentrique- et leur endurance digne de Sisyphe…

 

 1.  Mats Wilander (Suède)

Apparu en 1982, à même pas dix-huit ans,  le jeune suédois figurait au début de sa carrière une nouvelle race de crocodile. Plus mince (façon marathonien), plus rapide, plus fort mentalement. Le gamin profite de la pré-retraite de Borg pour écoeurer Guillermo Vilas en finale de Roland-Garros. Lucide, intelligent le teenager malingre fera évoluer son jeu pour devenir numéro un mondial et réussir le petit chelem en 1988. Trop curieux du monde alentour, le Suédois ne redeviendra plus jamais le même. A vingt-cinq ans…  

2.  Corrado Barazzutti (Italie)

Peut-être l’archétype ultime. Dos vouté, efflanqué, râleur, le coéquipier préféré d’Adriano Panatta en coupe Davis par BNP Paribas braille chaque fois qu’il renvoie une attaque. Demi-finaliste à l’US Open et au French (77, 78), le « limeur » italien ne gagne pas de points, il attend que l’adversaire fasse faute.  

3.  José Higueras (Espagne)

Courier, Sampras et même Federer l’ont embauché comme entraîneur pour ses facultés sur terre battue, c’est dire. Higueras constitue peut-être la matrice des joueurs espagnols sur terre battue pour les décennies suivantes même s’il a travaillé pour la Fédération américaine. Demi-finaliste à Roland-Garros en 82 et 83, il situe les limites des « rameurs » du fond du court : toujours placé, jamais vainqueur du Graal terrien.  

 4.  Harold Solomon (USA)

Le petit homme ne ressemblait à rien si ce n’est à Eddie Dibbs, son alter ego ; un clone de Colombo. Cent soixante-huit centimètres de dur labeur lui ont permis de jouer la finale aux Internationaux de France en 1976 (défait par Panatta en quatre sets) et deux fois les demi-finales (74 et 80).  

5.  Guillermo Vilas (Argentine)

Comme Wilander, Vilas a d’abord été un terrien pur sucre avant de faire évoluer son jeu et de gagner l’US Open et l’Australie (2 fois). Son seul drame aura été d’être un contemporain de Borg. La seule fois où le Suédois n’était pas à Roland (en 77), Guillermo exécuta Brian Gottfried en finale. Comme Bruguera, Muster ou Kuerten, l’ancien fiancé de Caroline de Monaco gagnait partout sauf sur herbe.  62 titres, 40 finales, ça vous pose un joueur…  

 6.  Gaston Gaudio (Argentine)

Un des derniers prototypes du genre. Arrivé de nulle part, juste avant la domination Nadal-Federer, Gaudio connaît une quinzaine de grâce en 2004 et gagne le French comme une météorite. On ne reverra jamais l’Argentin à casquette, tout comme son compatriote Guillermo Coria qui ne remettra pas d’avoir mené deux sets à zéro dans cette finale 100% gaucho.  

7.  Mariano Puerta (Argentine)

Une comète, lui aussi, dans son genre. Finale à Roland-Garros l’année d’après. Il pousse presque Nadal, pour son premier titre, en cinq sets. Convaincu de dopage, il disparaît peu après des radars.  

8.  Albert Costa (Espagne)

On aurait pu mettre Juan-Carlo Ferrero à sa place mais le Valencian a brillé ailleurs. Alors que ce sont les Sud-Américains qui vont devenir les meilleurs crocodiles, Costa tire profit au maximum de ses moyens en gagnant Roland contre un Ferrero trop timide en 2002. On promettait trois ou quatre titres au second, il n’en aura qu’un. On ne jurait de rien pour Costa et il va rafler un titre une année de vacance du pouvoir. Un peu comme l’Equatorien Gomes en 1990…  

9.  Albert Montanés (Espagne)

Alors que ses compatriotes, sous l’influence des Bruguera, Moya et autres Corretja, évoluent vers la polyvalence, Montanés reste une valeur étalon de la terre battue. Chaque nouvel impétrant, comme l’Australien Tomic à Barcelone la semaine dernière, doit passer le test Montanès, un joueur toujours situé entre la vingt-cinquième et la soixante-dixième place mondiale. Un vestige du passé à sa façon…  

10.  Eliott Teltscher (Etats-Unis)

Un peu comme Solomon ou Dibbs (voir plus haut), on a du mal à imaginer que ce genre de joueur ait pu exister. Sorte de sosie, d’un autre Eliott, Gould l’acteur US, Teltscher n’a guère eu de chance au tirage à Roland-Garros (trois huitièmes de finale en 1979, 82, 83). On se souvient de ses interminables rallyes, de son lift qui passait trois mètres au-dessus-du filet et de ses colères mémorables. A voir sur YouTube…  Par Rico Rizzitelli  

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