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La folle semaine de Marcelo Ríos au tournoi de Marseille 1997

En février 1997, le Chilien Marcelo Ríos se présente au tournoi de Marseille sans savoir qu’il va y vivre la pire semaine de malchance de sa vie. Perte de ses valises, vol de son portefeuille, blessure à la cuisse, rien ne lui sera épargné. Même

En février 1997, le Chilien Marcelo Ríos se présente au tournoi de Marseille sans savoir qu’il va y vivre la pire semaine de malchance de sa vie. Perte de ses valises, vol de son portefeuille, blessure à la cuisse, rien ne lui sera épargné. Même si Ríos parvient à se hisser jusqu'en finale…

 

Marcelo Ríos n'était pas seulement l'un des tennismen les plus agréables à regarder jouer, il était aussi l'un des plus compliqué à gérer. Tempétueux et imprévisible, le Chilien se souciait peu de faire bonne figure dans les médias et laissait ses coups de patte gauche parler pour lui. Des coups bien sentis qui lui permettent d’entamer la saison 1997 de fort belle manière avec un quart de finale à l'Open d'Australie (perdu contre Michael Chang) au mois de janvier, pour enchaîner en février sur une semaine à Marseille pour participer à l’Open 13. Jean-François Caujolle, tennisman professionnel dans les années 70 et 80 devenu directeur du tournoi de Marseille (dès sa fondation en 1993), se souvient : « C'était difficile de l'avoir. Pour un Sud-Américain, venir jouer en Europe à cette époque de l'année, c'était pas gagné d'avance. Les surfaces indoor n'étaient pas leurs surfaces de prédilection, et Ríos arrivait d'un tour de Coupe Davis joué au Chili sur terre, avec un décalage horaire très fort. » Et un statut de tête de série numéro 1.

 

Au revoir les valises, puis le porte-feuille

 

« Il est arrivé le mardi soir dans la nuit, rembobine Caujolle, et il avait perdu ses valises avec ses raquettes et ses vêtements en arrivant, donc ça commençait mal ! » Heureusement, le Chilien a pris deux ou trois raquettes avec lui en soute et des tenues de son équipementier lui sont trouvées rapidement par les organisateurs du tournoi. « Pour le rhabiller, ça n'a pas été compliqué, on trouve toujours. Et par rapport à ça, il était assez cool, même si sur d'autres points, il était plus compliqué. » Comme prévu, lors de son séjour marseillais, Marcelo Ríos est plutôt renfermé, mais assure sur le terrain en franchissant les tours, parfois dans la douleur. Il bataille ainsi trois sets pour sortir le Suédois Magnus Larsson en quart de finale. Sauf qu’en rentrant au vestiaire, mauvaise surprise, Ríos ne trouve plus son portefeuille, qui lui a été volé pendant le match. Caujolle se rappelle que la température est montée : « C'était un tempérament, et cet épisode a un peu ajouté à la pression qu'il pouvait y avoir. » Le drame du portefeuille ne dure pas bien longtemps, puisque rapidement après le larcin, une mère de famille accompagnée de sa petite fille se présente avec l’objet, jurant être tombé dessus par hasard. Une bonne nouvelle, mais pas assez pour calmer Ríos.

 

Un discours pour menacer

 

Car même s'il a récupéré son bien, l'argent qui se trouvait dedans n'est plus là, ce qui énerve le Chilien : « Je me souviens, elles l'avaient trouvé dans une poubelle à la sortie de l'Open. Et il a été à deux doigts d'accuser la maman avec sa fille de lui avoir volé le cash qu'il y avait à l'intérieur. Alors qu'il devait y avoir cinquante ou cent dollars, ce n'était pas le plus important. Le plus important, c'était qu'il retrouve ses papiers, son passeport, ses cartes de crédit, etc. » Ríos lutte à nouveau en trois sets pour remporter sa demie, puis se présente en finale face au Suédois Thomas Enqvist. Le quotidien marseillais La Provence en fait des tonnes, titre « Le feu et la glace » en Une, mais l'affrontement tourne court. Enqvist remporte facilement le premier set, et Ríos abandonne dans la foulée à cause d'une douleur derrière la cuisse. Pour sa déclaration d'après-match, le vaincu s'empare du micro et continue son numéro. Caujolle a encore la scène en tête : « Il prend la parole, parle en espagnol, et dit : ‘Je sais que je voleur est dans les tribunes, je te surveille, je t'ai à l'œil.’' » Pour couronner le tout, à l'extérieur de la salle, le village des partenaires du tournoi est soufflé par le vent et doit fermer, ce qui n'était jamais arrivé. Malgré tout, Jean-François Caujolle garde un bon souvenir du cru 97 de l'Open de Marseille, et loue encore l'attitude de Ríos : « Il n'a pas été désagréable dans la semaine. C'était un garçon assez taciturne, mais par rapport à toutes ces péripéties qui lui sont arrivées, il aurait pu être bien plus grognon. »

 

Par Alexandre Doskov

Article rédigé par

So Press

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