Stan Wawrinka : « Travailler et aimer ça, ça a été mon vrai talent »

28 oct. 2026, 21:36:01 | par Mathieu Canac

Mardi 27 octobre 2026, battu 7-5 7-6² par Jiří Lehečka, Stan Wawrinka a joué son dernier match professionnel. Après une carrière monumentale — vainqueur de l'Open d'Australie 2014, de Roland-Garros 2015 et de l'US Open 2016 — à laquelle il n'aurait même jamais osé rêver bien des années en arrières.

Pour arriver au sommet, suivre le chemin déjà tracé par d’autres est souvent une idée judicieuse. L’avancée peut être facilitée. Mais chacun marche avec ses propres chaussures. Certains sont bien dans leurs pompes en affichant leur assurance, des objectifs élevés ; d’autres sont parfois à côté des leurs quant à leur réel potentiel tant ils se sous-estiment.

Très vite, Novak Djokovic, par exemple, n’a pas hésité à exprimer publiquement des objectifs élevés. À l’opposé, David Ferrer a déclaré être « le pire joueur de l’histoire du top 100 » après avoir intégré cette élite. « Maintenant, je ne sais pas si je suis le pire de l’histoire du top 100 ou du top 10 », avait-il plaisanté quelques années plus tard, lors du Masters 2007, après avoir battu le surnommé « Djoko » puis Rafael Nadal.

Je ne me suis jamais dit : "Il faut que je gagne un tournoi du Grand Chelem, il faut que je sois top 10, il faut que je sois top 5"

Stan Wawrinka


Sur une échelle allant de Djokovic à Ferrer, Stan Wawrinka est un peu plus proche de l’Espagnol. À une époque où le monstre tricéphale nommé Big 3 se gavait de quasiment tous les trophées majeurs, il est allé chercher trois titres du Grand Chelem. Il a atteint son rêve ultime, serait-on tenté de dire. Mais non. Parce que même son inconscient, dans ses songes les plus fous, ne lui voyait pas un avenir aussi étoilé.

« Je ne me suis jamais dit : "Il faut que je gagne un tournoi du Grand Chelem, il faut que je sois top 10, il faut que je sois top 5" », a confié le Suisse à Eurosport, dans le podcast Échange, en 2019. « Je n’ai jamais rêvé de gagner un titre du Grand Chelem, ça n’a jamais été un but. Pour moi, le but était de progresser, faire le travail qu’il faut pour me donner le maximum de chances de battre n’importe quel joueur sur le terrain. »

Sans doute parce qu’à ses débuts, il était loin d’être le plus doué. Mais, avant d’être l’un des revers à une main les plus prodigieux de l’histoire, de se bâtir physique et mental à toutes épreuves, Wawrinka s’est reposé sur une autre qualité primordiale : sa force de travail. Il était prêt à suer sang et eau, jusqu’à ne plus avoir aucune goutte de l’un ou l’autre de ces liquides dans son corps s’il le fallait, pour aller au bout de lui-même. Atteindre ses limites absolues.


je n’étais pas parmi les meilleurs de mon âges dans les catégories plus jeunes. Même en Suisse. Je n’ai jamais gagné les championnats de Suisse.

StanWawrinka


« Travailler et aimer ça, ça a été mon vrai talent à la base, a-t-il ajouté. Avant de gagner Roland-Garros junior (en 2003), j’ai été bon, mais je n’étais pas parmi les meilleurs de mon âges dans les catégories plus jeunes. Même en Suisse. Je n’ai jamais gagné les championnats de Suisse. (...) Ça m’a motivé à travailler encore plus. »

Pas à pas, avançant à son rythme, il a fini par devenir l’un des joueurs les plus importants de l’histoire ; l’un des 24 hommes à avoir glané au moins trois Majeurs dans l’ère Open. Merci pour les travaux, « Stan the Man ».