Top 10 : Les inconnus du Top 10

7 nov. 2013 à 00:00:00

Alors que les huit meilleurs joueurs du monde se réunissent pour le Masters à Londres cette semaine, We Are Tennis s’est intéressé à ces joueurs qui ont intégré le Top 10 mais dont personne ne se souvient vraiment.

Les huit meilleurs joueurs du monde sont réunis à Londres pour disputer les Masters cette semaine. Une épreuve réservée à cette élite du Top 10, où certains n’ont fait que passer sans vraiment s’arrêter. Si l’histoire les a un peu oubliés, We Are Tennis a décidé de revenir sur leur quart d’heure de célébrité.

 

Jiri Novak (meilleur classement : 5e en 2002)

 

Jusqu’à ses 27 ans, Jiri Novak était un de ces joueurs solides qui arpentent le Top 100 dans un relatif anonymat. Un type respecté plus que craint.  Père de famille rangé, le Tchèque voit sa carrière prendre une autre dimension quand il atteint le dernier carré de l’Open d’Australie début 2002. Sur sa lancée, ce spécialiste du double emmagasine de la confiance et enchaîne les résultats jusqu’à pointer le bout de sa raquette dans le Top 5 en octobre après une finale perdue à Madrid. S’il est rentré dans le rang par la suite, Novak peut toujours se vanter d’être le seul homme à avoir fait tomber Rafael Nadal en Coupe Davis par BNP Paribas. C’était en 2004. Depuis, le Tchèque attend toujours un successeur.

 

 

Kent Carlsson (6e en 1988)

 

Kent Carlsson n’était pas un tennisman comme les autres. Au confort des hôtels quatre étoiles, le Suédois a toujours préféré l’intimité de son camping-car. Plus Borg qu’Edberg par son style de jeu, Carlsson réalise une série extraordinaire de 23 victoires en 1988, empochant au passage les tournois de Kitzbühel, Saint Vincent et Barcelone avant échouer en finale à Genève. Une blessure récurrente à un genou l’oblige à ranger ses raquettes en 1990 à seulement 22 ans. Il gère aujourd’hui un haras en Suède, très loin d’un monde du tennis qu’il n’a fait que croiser.

 

Karol Kucera (6e en 1998)

 

Karol Kucera, c’est d’abord un surnom : « Petit Chat». Un sobriquet donné en référence à son entraîneur, Miloslav Mecir, «Le Chat » des années 80 et magicien de la petite balle jaune. En 1998, le chaton slovaque va pourtant grandir d’un coup. Cet adepte des surfaces rapides enchaîne les gros résultats : demi-finale à Melbourne, quart à New York et victoires à Sydney et New Haven. Freiné par une blessure au bras, Kucera retombe dans un certain anonymat par la suite, malgré une dernière victoire en tournoi à Copenhague en 2003.

 

 

Jay Berger (7e en 1990)

 

Aux Etats-Unis, la carrière de Jay Berger est presque passée inaperçue. Il faut dire qu’à l’époque, les Chang, Sampras, Courier ou le vétéran Connors tiennent le haut de l’affiche. Natif du New-Jersey, Berger mène sa petite entreprise avec une certaine réussite : trois victoires en tournoi, un quart de finale à Roland Garros en 1989 et une place de 7e mondial la saison suivante. Des performances qui feraient de lui une star dans le paysage actuel du tennis américain.

 

Johan Kriek (7e en 1984)

 

Qui sait qu’un Sud-Africain a remporté deux fois l’Open d’Australie ? Non, il ne s’agit pas de Wayne Ferreira mais de Johan Kriek. Au début des années 80, les meilleurs boudent le rendez-vous australien disputé en fin de saison et sur gazon. Tant pis, Kriek régale le public avec son jeu de pur attaquant et bat deux fois en finale Steve Denton. Kriek (aujourd’hui naturalisé américain) remportera l’intégralité de ses 14 titres en simple sur herbe ou en indoor.

 

 

Alex Metreveli (9e en 1974)

 

 Né en Géorgie, Metreveli est le premier Soviétique à se faire un nom sur le circuit, bien avant Andrei Chesnokov. Doté d’un jeu imprévisible, il atteint la finale de Wimbledon en 1973 en «profitant » du boycott de plus 80 joueurs qui s’opposent à la suspension infligée au Yougoslave Nikola Pilic par sa fédération pour avoir zappé un match de Coupe Davis par BNP Paribas. La performance de Metreveli passe presque inaperçue dans son pays. Dans une URSSS qui ne jure que par les sports olympiques, le tennis tient plus du simple divertissement. Metreveli est sans doute né 20 ans trop tôt.

 

Martin Jaite (10e en 1990)

 

Depuis une vingtaine d’années, le tennis argentin est plutôt gâté avec les résultats des Nalbandian, Del Potro, Gaudio ou Coria. Leur réussite ferait presque oublier Martin Jaite. Dans les années 80, ce pur terrien va ouvrir la voie en compagnie du robuste Alberto Mancini. Un an après son compatriote et après sa victoire à Gstaad, il intègre les dix premiers mondiaux. Un passage furtif pour l’actuel capitaine de Coupe Davis par BNP Paribas argentin. Une compétition où en 1988 André Agassi l’avait surclassé, au point de jouer sa balle de match… de la main gauche.

 

 

Wojtek Fibak (10e en 1974)

 

Depuis août dernier, Wojtek Fibak est, aux côtés de l’historique Marian Vajda, l’entraîneur de Novak Djokovic. A 61 ans, un nouveau chapitre débute dans la vie agitée du Polonais. Collectionneur d’art, patron de presse ou homme d’affaires, Fibak est une des personnalités en vue dans le pays. Son arrestation pour proxénétisme en 1997 va d’ailleurs faire grand bruit. Cette seconde carrière agitée ferait presque oublier la première. En 1977, il intègre le Top 10 après un quart de finale à Roland Garros. Tout sauf un joueur d’une saison, Fibak affiche à son tableau de chasse des victoires sur Ashe, Borg et Connors. Pas mal pour un presque inconnu.

 

Carlos Costa (10e en 1992)

 

Depuis une dizaine d’années, Carlos Costa est surtout connu pour  être l’agent de Rafael Nadal. Et si l’Espagnol est devenu le confident et l’homme de confiance de « Rafa », c’est peut-être parce qu’il peut se prévaloir d’une belle petite carrière. Surtout lors de sa campagne 1992 sur terre battue où il remporte les tournois d’Estoril et Barcelone, avant de se hisser en finale à Rome. « Presque surpris par son niveau de jeu », Costa va peiner à confirmer les espoirs placés en lui. Mais il se démarque déjà en devenant son propre agent : « J’ai commencé à négocier mes contrats moi-même, parce que c’est quelque-chose que m’intéresse beaucoup. »Rafael Nadal ne dira pas le contraire.

 

Thierry Tulasne (10e en 1986)

 

Thierry Tulasne est un peu l’oublié du tennis français des années 80. Moins flamboyant que les Noah ou Leconte, cet adepte de la terre battue était pourtant un junior prodige (champion du monde en 1980). Cinq ans plus tard, il confirme en battant Mats Wilander en finale à Barcelone. Tulasne intègre le Top 10 pour mieux le quitter la semaine suivante et ne jamais y revenir. La suite de sa carrière sera une succession de blessures et d’espoirs déçus. Devenu coach, il lance un pari à Gilles Simon au début de leur collaboration : faire mieux que sa 10e place. Un pari osé mais réussi puisque son élève atteindra le 6e rang mondial début 2009.

 

 

Par Alexandre Pedro

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