Daniil Medvedev : « Pour devenir numéro 1, il faut gagner des Grands Chelems »

15 mars 2021 à 19:27:00 | par eli weinstein

Daniil Medvedev : « Pour devenir numéro 1, il faut gagner des Grands Chelems »
Dimanche à Marseille, Daniil Medvedev a battu Pierre-Hugues Herbert en finale et a ajouté son nom (le 21e) au palmarès de l’Open 13 Provence. Aujourd’hui, il est devenu n°2 mondial. Retour sur une finale très disputée, ainsi que sur son nouveau classement.

 

On a vraiment l’impression que Pierre-Hugues a fait son match et qu’il t’a donné du fil à retordre. T’es-tu senti obligé d’accélérer sur la fin ?
Oui, je confirme, Pierre-Hugues a fait un gros match. Au premier set, j’étais un peu en-dessous. J’avais des occasions pour le breaker. Lui m’a breaké aussi une fois alors que je n’avais pas fait un bon jeu. Globalement, je trouve que je mérite de gagner le 1er set. Au 2e, il se met à mieux jouer. J’ai des occasions en début de set, mais après, il jouait vraiment bien. Il a remporté beaucoup de points sur de longs échanges, ce qui est plutôt mon jeu et pas le sien. Dans le 3e set, ma vraie satisfaction, c’est le service. Il n’a pas eu d’occasion de break. Et puis, c’est toujours moi qui étais devant et ça, ça m’a fait du bien mentalement et ça m'a permis d'être un peu plus relâché. Lui ensuite, à 5-4, il se tend un peu, il rate et ça fait le match. C’est ça le tennis ! En tout cas, c’était un vrai match de haut niveau.

Penses-tu que ton expérience dans ces matches de fin de semaine a joué en ta faveur ?
Bien sûr. Je suis certain qu’au fond de lui, inconsciemment, quand il sert pour rester dans le match à 5-4, et qu’il sait qu’il n’a toujours pas gagné une finale, il doit se dire que sa chance est proche. Moi aussi, j’étais tendu, mais je sais ce qu’il faut faire dans ces cas-là. Il faut choisir le bon côté où retourner, il faut mettre la balle dans le court. Le faire volleyer. C’est ce qu’il n’a pas réussi à faire et c’est ce qu’il lui manque pour battre des joueurs très forts. 

« Je ne sais pas si je deviendrai un jour numéro 1, mais je vais faire de mon mieux pour y arriver »

On t’a senti agacé à certains moments. Etait-ce dû à ton niveau de jeu, dont tu n’étais pas satisfait, ou était-ce à cause des décisions arbitrales ?
Non, c’est juste que lorsque je suis sur le terrain, je suis très compétitif. Et quand c’est en finale, tu essaies de tout faire basculer de ton côté. Il y a eu des moments où je pensais que les balles étaient dehors, mais il est possible qu’elles étaient bonnes, car souvent quand on « challenge », on s’aperçoit que les juges de lignes avaient raison. Mais comme là, il n’y avait pas de challenge, j’ai un peu insisté pour que l’arbitre fasse des « overrules ». Mais je dois dire que c’est surtout Pierre-Hugues qui jouait bien et qui a mis le doute dans mon esprit.

Etait-il important pour toi de passer numéro 2 mondial en gagnant un titre ?
Je savais depuis Rotterdam que j’allais passer numéro 2 et c’était vraiment dommage que je perde d’entrée là-bas. Tu veux toujours arriver à ce type de classement en jouant bien. Je sais que je ne suis pas devenu numéro 2 mondial avec mes points de Marseille, mais pour la confiance, c’est top. En plus, vu le niveau des joueurs qui étaient présent à Marseille et le niveau de jeu qu’on a eu en finale avec Pierre-Hugues, ça me fait vraiment plaisir que tout se goupille bien.

Du coup, maintenant, regardes-tu déjà le classement au-dessus ? Est-ce un objectif ?
Moi, je veux toujours être plus que je ne suis déjà. Je ne sais pas si je deviendrai un jour numéro 1, mais je vais faire de mon mieux pour y arriver. Déjà à l’entraînement et, bien sûr, en match sur les tournois. Dès Miami la semaine prochaine, je vais essayer de faire de mon mieux pour gagner le plus de points possibles. Mais la vraie solution, c’est de gagner des Grands Chelems.

« Mon pays, c’est la Russie »

Revenons sur le niveau de jeu de Pierre-Hugues. Où le placerais-tu en termes de classement ?
En finale, il a joué Top 20, ça c’est sûr. Top 10, c’est différent. Pour être Top 10, il faut réussir de très gros résultats. Lors de cette finale, je sais que je jouais bien et quand c’est le cas, on a vu par le passé que je suis capable de faire de gros résultats. Et comme on a eu un match tendu que j’aurais pu perdre, je pense que son niveau était Top 20. Je sais qu’il est capable de très bien jouer, j’espère pour lui qu’il va être capable de reproduire cela plusieurs semaines dans l’année. Et si c’est le cas, on va le voir monter au classement. D'ailleurs, il a déjà été 36e.

Comment compares-tu la saveur d'une victoire sur le sol français par rapport à une finale sur le sol russe ? 
Pour être tout à fait honnête, en Russie, c’est autre chose. Je n’ai qu’un titre en Russie (Saint-Pétersbourg en 2019) et c’est vraiment spécial pour moi. Cette semaine-là, je ne me sentais vraiment pas bien car j’enchaînais après une tournée américaine de dingue. Là je suis satisfait car pendant longtemps, on pensait que je n’y arrivais pas en France et contre des Français. Puis j'y suis pervenu à Berçy et là à nouveau, et c’était contre un Français en finale ! C’est donc vraiment bien pour la confiance C’est vrai qu’il y a un peu de Français en moi et du coup, gagner en France c’est chouette, mais mon pays c’est la Russie.

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