Andrey Rublev craque à Dubaï

4 mars 2024 à 13:20:25 | par Eli Weinstein

La demi-finale du tournoi de Dubaï entre Andrey Rublev et Alexander Bublik s’est terminée brutalement, et avant la fin, lorsqu’Andrey Rublev a perdu le contrôle de ses nerfs en hurlant sur un juge de ligne à seulement quelques centimètres de son visage. Conséquence directe : disqualification. Voici ce qui est arrivé, ainsi que d’autres disqualifications célèbres dans l’histoire du tennis.

6-7 7-6 6-5 Bublik. Ił s’agit du score de la demi-finale de l’ATP 500 de Dubaï entre Alexander Bublik et Andrey Rublev lorsque le match s’est arrêté. Plus un point n’a été joué et il s’est passé ceci :

Comme on le voit sur l’image, Rublev a pris ses affaires et s’en est allé, suivi de près par son adversaire du jour et néanmoins ami. La disqualification au tennis est toujours choquante. Elle a tendance à laisser tout le monde en émoi, la bouche ouverte. Cette décision est en général d’une grande violence, tant elle contraste avec la tension du match. En l’occurrence, les deux joueurs se rapprochaient dangereusement d’un troisième et ultime tie-break. La tension était à son comble. Les nerfs à vif (tu m’étonnes). Et là, tout s’arrête. 

La sanction était méritée. Andrey Rublev n’a pas à hurler sur le juge de ligne de cette manière. Il peut, certes, pester, même crier, mais pas à quelques centimètres du visage de l’officiel. Pour le résultat final du match, c’est vraiment dommage car le tie-break du troisième aurait sans doute été bien sympathique à suivre. Je suis heureux, en revanche, que Rublev ait pu récupérer tous ses points et son prize money du tournoi. Tout le monde sait qu’on est en présence d’un bon garçon mais qui a du mal à gérer ses nerfs durant un match. Je dis ça parce que d’autres disqualifications, prononcées dans le passé, étaient bien plus violentes.

Le désormais GOAT

En 2012, le 17 juin précisément, David Nalbandian, en finale du Queen’s face à Marin Cilic, frustré par un coup mal exécuté, a mis un coup de pied dans la boîte qui encadrait la chaise d’un des juges de ligne qui, pour le coup, n’avait rien demandé à personne. En faisant cela, Nalbandian a cassé le bois et, par conséquent, entaillé la jambe dudit juge de ligne. La sentence est tombée très vite (et oui, elle était irrévocable) : il a été disqualifié et Marin Cilic a donc été couronné au Queen’s. Pour la petite histoire, l’Argentin menait 1 set à rien…

En 2020, vous vous en souvenez tous, Novak Djokovic passait une après-midi délicate sur le court Arthur-Ashe vide (Covid oblige), face à Pablo Carreno Busta, en huitième de finale de l'US Open. Pris d’un énième coup de sang ce jour-là, le désormais GOAT a mis un coup de raquette dans une balle qui a terminé son vol à haute vitesse dans la glotte d'une juge de ligne en fond de court. Cette dernière est tombée par terre sous la violence de l’impact. Certes, le fait était clairement accidentel, mais il est néanmoins crucial de rester maître de ses gestes, car cela aurait pu être bien plus grave. Quelques minutes plus tard, Novak Djokovic, comme Rublev, prenait ses affaires et s’en allait.

 

Il achève son chef d’oeuvre par un magistral lancer de chaise

Un autre exemple de violence accidentelle sur le court, plus grave cette fois, est le geste de Denis Shapovalov en 2017, à l’occasion de la rencontre de Coupe Davis entre le Canada et la Grande-Bretagne. Le talentueux gaucher affrontait Kyle Edmund au cinquième match de la rencontre. Les deux hommes jouaient pour le point de la victoire, synonyme de qualification pour les quarts de finale de l’épreuve (c’était avant). Le score était de deux sets à rien en faveur d’Edmund et ce dernier venait de faire le break. Certes, l’avantage devenait conséquent en faveur de l’Anglais, mais pas définitif. C’est alors que le Canadien dégoupilla et envoya la balle qu’il avait dans la poche de toutes ses forces dans le public. C’était déjà dangereux, mais le problème est que cette balle n'a jamais atteint les tribunes, vu qu’elle est venue se loger directement dans l’oeil d’Arnaud Gabas, arbitre de chaise pour ce match décisif. La sentence est tombée très rapidement : jeu, set et match Grande-Bretagne. Fort heureusement, l’arbitre français a pu reprendre sa belle carrière, non sans un arrêt forcé de quelques mois et, surtout, la peur d’avoir potentiellement perdu la vue de l’oeil droit.

En 2019, aux Internazionali BNL d’Italia (Masters 1000 de Rome), Nick Kyrgios, traversant alors une période compliquée, disputait le deuxième tour du tournoi face à Casper Ruud. Le match en était au début du troisième et dernier set. Oui, ces moments de craquage ont rarement lieu au premier point du match. Alors qu’il avait le break, l’Australien se fait débreaker. Furieux, non pas en raison d’une mauvaise décision arbitrale, mais tout simplement après lui-même, son clan, le public, le monde du tennis, et peut-être même la planète entière, il jette sa raquette au sol, met en coup de pied dans une bouteille et achève son chef d’oeuvre par un magistral lancer de chaise qui termine son vol au milieu du court. Tout à fait conscient de la gravité de ses actes, ce dernier n’attend même pas le verdict. Il range ses affaires, serre les mains de Ruud, du superviseur (qui était venu pour le disqualifier) et de l’arbitre, et s’en va sans qu’on puisse lui dire quoi que ce soit.

Il y a bien sûr eu d’autres disqualifications dans l’histoire du tennis, mais pas tant que ça finalement. Et il faut dire que celle de Rublev est l’une des moins violentes. Elle est en effet méritée et j’espère vraiment que cette décision arbitrale va lui permettre de régler ce problème une bonne fois pour toutes. Car ce carton rouge à Dubaï est finalement un avertissement sans frais. Mais s’il y avait récidive, ça risquerait alors de coûter bien plus cher.

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