Une frappe de balle qui boxe nos rétines, des capacités physiques qui poussent nos pupilles à se dilater. Les qualités d’Arthur Géa, 21 ans, sautent aux yeux. Et elles sont pleines de promesses que ses aptitudes psychiques semblent capables de tenir sur le long terme.
Pour briller au haut niveau, avoir un jeu digne de celui-ci n’est pas suffisant. Il faut aussi la conviction de pouvoir y arriver. Continuer à travailler comme un acharné, en croyant en ses facultés à pouvoir regarder les meilleurs du monde droit dans les yeux. Un prérequis dont Géa paraît bien doté.
Depuis toujours, il (Arthur Géa) est déterminé. Il en a dans le bide, ça se voit, ça se sent, il veut en découdre.
Sur le court, le membre de la #TeamJeunesTalents n’a pas froid aux yeux. Sans les avoir plus gros que le ventre. Conscient de ses forces tout en sachant que le chemin est encore long pour s’imposer dans la durée, il entre sur le terrain sans aucune inhibition, peu importe le CV de l’adversaire.
Son envie de « tout casser » transpire tellement sur son visage que les gouttes de sueur qui en tombent sont à deux doigts de fissurer le sol. Mâchoire fermée, regard intense, il a le langage corporel de celui qui croit dur comme fer à la victoire, en toutes circonstances. « Arthur travaille comme un fou, a déclaré son coach, Grégoire Jacq, pour L'Équipe. Depuis toujours, il est déterminé. Il en a dans le bide, ça se voit, ça se sent, il veut en découdre. »
244e mondial le 1er janvier, il va intégrer le top 50, en pouvant se targuer d’avoir vaincu quatre des cinq membres du top 20 croisés au cours de son ascension. Dont deux lors du Masters 1000 de Shanghai — Ben Shelton, n° 4 ; Jakub Mensik, n° 15 — où son aventure s’est arrêtée en quart de finale à cause d’une blessure au psoas l’ayant contraint de jeter l'éponge à 4-1 face à Alejandro Davidovich Fokina.
Ça se voit aussi dans mon attitude, je n'ai pas l'air timide face à eux (les joueurs du top 20).
« J'ai un bon bilan contre ces joueurs, mais je ne me mets pas de limites et j'espère aller le plus loin possible, s’est-il exprimé après son succès contre Mensik, comme l’a rapporté L'Équipe. « Ça se voit aussi dans mon attitude, je n'ai pas l'air timide face à eux. »
Progression constante et impressionnante¹, tennis percutant et offensif, détermination et croyance en lui… Arthur Géa, que personne n’avait vu venir en début de saison — hormis peut-être ceux le suivent de très prêt depuis plusieurs années —, s’affirme de plus en plus comme un joueur sur lequel garder un œil pour l’avenir.
1 - Vainqueur de son premier titre Challenger en janvier (Challenger 75 de Nouméa), de son premier titre sur le circuit principal en juillet (ATP 250 de Los Cabos), huitième de finaliste de l’US Open (en passant à un point de devenir le premier lucky loser de l’histoire à atteindre les quarts de finale en Grand Chelem), quart de finaliste à Shanghai dès son premier Masters 1000.