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Uchronie : finalement, la France a gagné la Coupe Davis 2010 !

Si, lors de la finale perdue face aux Serbes, Guy Forget avait brouillé les pistes plutôt que d'indiquer à tout le monde qu'il enverrait Michaël Llodra pour le dernier simple, que se serait-il passé ? La réponse se trouve dans un univers parallèle.

"Pour être efficace il faut cacher ses intentions", paraît-il. Mais Guy Forget n'a que faire des préceptes de Machiavel. Il n'est pas à Belgrade pour faire de la philosophie. Au moment de choisir son homme pour l'ultime match, pas de bluff. Pendant le choc des numéros 1 entre Djokovic et Monfils, il joue cartes sur table. Simon est au bord du court, pas Llodra parti se préparer mentalement. L'identité de l'heureux élu ne fait donc aucun doute. Bogdan Obradovic, le capitaine serbe, fait lui durer le suspens. Tipsarevic et Troicki sont tous deux au vestiaire.

Dans sa bulle, Llodra, comme il le confie en 2017, est "focalisé sur Tipsarevic." Il s'attend à affronter cet adversaire qui "a des carences en revers" et "retourne moyennement." Erreur. "Dix minutes avant de jouer, on [lui] annonce que ce sera Troicki, qui, [il le] sen[t], va être plus pénible sur une surface plutôt lente." Bien vu. Alors 30e mondial, l'habitué des colères tragi-comiques est l'atout idéal pour contrer le serveur-volleyeur tricolore. Sur un nuage, il se régale. "Mon jeu était parfait pour lui, explique le Parisien. Super retourneur, il s'était déjà habitué à mon service la veille (en double). Je me suis fait littéralement exploser (6/2 6/2 6/3)." La Serbie soulève ainsi son premier Saladier d'argent.


Telle est notre réalité. Curieux de savoir ce qu'il aurait pu advenir avec des choix différents, je suis allé en découvrir une autre. Muni du fameux générateur de vortex de Sliders : les mondes parallèles, j'ai pu explorer un univers alternatif. Un univers où Forget n'a pas révélé d'emblée le passage à l'as de Simon.


Dans le vestiaire, assis non loin de "Mika", "Gillou" attend. Moins concentré, toutefois, que le gaucher capable de se cacher nu dans un casier. Il le sait, il restera sur le carreau. Il est seulement là pour ne pas donner d'indication à la bande du "Djoker". Une décision prise la veille quand, comme dans notre monde, Llodra montre plus de volonté, de cœur, lorsque Forget vient taper à la porte des deux hommes. "Gilles n'est pas très chaud (pour jouer le cinquième match), il a perdu vendredi, a une petite douleur, mais me dit que s'il faut y aller, il ira, explique le capitaine quelques années plus tard. Et je vais voir 'Mika' qui me dit : 'J'ai fait un bon double, je suis frais. J'ai envie d'y aller, je suis prêt.'"


Puis, un concours de circonstances vient tout chambouler. Alors que Djokovic s'approche de la victoire contre Monfils, Simon se lève et quitte le vestiaire pour aller soulager un besoin naturel. Sur le chemin des commodités, absorbé par la lecture de La volée pour les nuls, il s'égare. Quand il s'en rend compte, il est proche du camp adverse. La porte est entrouverte. Depuis le coin du couloir où il est posté, il aperçoit Tipsarevic bière à la main en train de regarder Ink Master : le meilleur tatoueur sur sa tablette. Le Niçois aux mollets de coquelet comprend que l'accro aux tatouages s'assiéra sur le banc au profit de Troicki. Joueur contre qui il affiche un bilan de quatre victoires pour zéro défaite, sans aucun set perdu. Ayant l'air d'un hurluberlu, sourire jusqu'aux oreilles et yeux écarquillés, il revient annoncer la nouvelle aux siens.


Sûr de sa force, il tente alors de les persuader de miser sur lui. D'abord réticents à l'idée de changer leur plan à la dernière minute, le staff et Llodra finissent par céder. Assommés par un argumentaire auquel ils ne comprennent que pouic : "Les gars, Troicki, je l'ai toujours battu ! D'après la pertinence de la loi des séries mise en relation étroite avec les particules subatomiques des lignes par rapport à la complexité des interactions physiques entre mon cadre et les fibres de mon cordage au niveau du point d'impact avec la balle, je ne peux pas perdre ! Impossible ! C'est scientifiquement prouvé." Et, en effet, Simon met une nouvelle fois le Belgradois au tapis. 6/3 6/2 6/1. Facile. Sans trembler. La France remporte sa 10e Coupe Davis.


Emporté par l'euphorie, Jean Gachassin déboule des tribunes pour célébrer, crier, chanter, avec l'équipe. Après deux galipettes et une rondade, comme possédé, le président de la FFT lâche : "Rasons-nous la tête ! Sinon, j'annule les primes !" Dans les minutes qui suivent, chaque crâne passe sous la tondeuse. Sauf un. Celui de "Gillou". Pendant que ses partenaires disent au revoir à leurs cheveux, il remarque le faible niveau de batterie de l'appareil. Il sabote alors discrètement le chargeur laissé de côté, et, quand vient son tour, retarde l'échéance avec un laïus dont il a secret jusqu'à ce que l'engin soit à plat. Sa tignasse est sauvée. Machiavélique.

 

Article rédigé par

Mathieu Canac

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