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Le jour où le ciel s'est tu

Quand on regardait l'US Open, on savait qu'on allait entendre un avion passer toute les minutes et demie. Et puis un jour plus rien. Que s'est-il passé? Pourquoi le ciel est-il devenu silencieux ?

Les moins jeunes d'entre nous, dont je fais partie, se souviennent sans doute d'un bruit qu'on entendait régulièrement lorsqu'on regardait un match de l'US Open. Mais si  ! Celui de l'avion qui, avait-on l'impression, passait en rase motte, comme lors de la finale de la coupe du monde de rugby en Afrique du Sud. Sauf que là c'était toutes les 90 secondes, soit la fréquence des décollages et atterrissages à l'aéroport de La Guardia. Pour ceux qui sont trop jeunes et n'ont pas cette image en tête, voici ce qui se passait à peu près toutes les minutes et demie  :

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C'était franchement insupportable. C'était tellement incessant qu'il était compliqué d'attendre que l'avion passe. Il fallait jouer. La raison de ce trafic ininterrompu : le stade était pile face à la trajectoire de la piste 13 de l'aéroport. Cette nuisance était devenue trop forte pour certains, notamment le sud-Africain Kevin Curren qui avait dit que, tant qu'à passer si bas, les avions devraient bombarder le stade (une vanne qui ne passeraient plus très bien de nos jours). Le Spring Bok n'était pas fan du nouveau stade de l'US Open. Comme beaucoup d'ailleurs. Il était même question qu'un troisième déménagement ait lieu. L’organisation du tournoi recevait à peu près autant de plaintes par jour que d'avions qui survolaient le court Arthur Ashe, à peu près 500  !

La vie n'est pas un film hollywoodien

Et puis un jour tout s'est arrêté.

Tiens, c'est drôle on entend plus rien. Mais que s'est-il passé entre la dernière demi-finale messieurs du tournois de 1989 et le premier tour de celui de 1990  ? Un changement de taulier de la ville. Jusque-là, le maire de New-York, Edward Koch, qui était aussi sportif que Winston Churchill (la réponse de l'Anglais pour sa longévité  : «  no sport  ») n'avait assuré que le minimum en faisant modifier les plans de vols pour les finales dames et hommes, permettant ainsi à ces deux matches de se disputer dans le calme.

Son successeur, David Dinkins, était lui un fondu de tennis. Il jouait presque tous les jours. Il avait un  faible pour ce dossier, qu'il pris très sérieusement en main. La mission n'était pas simple car il fallait convaincre la FAA (Federal Aviation Administration) de modifier ses plans de vols, non seulement pour le week end des finales mais toute la quinzaine  ! L'histoire aurait été belle si le résultat n'était dû qu'à l'amour d'un homme pour son sport, mais malheureusement la vie n'est pas un film hollywoodien. 

Le silence du ciel en était le prix

Je m'explique.

A la fin de l'édition de 1990, l'USTA allait prendre une décision quand au renouvellement du bail sur le tennis center de Flushing Meadows. La municipalité de New-York, qui avait estimé les retombées économiques du tournoi à 100 millions de dollars, voyait d'un très mauvaise œil un exode du tournoi. Il fallait donc tout faire pour convaincre les décideurs de la fédération américaine de voter en faveur du maintien en place. Le silence du ciel en était le prix.

Lors du premier tour de l'édition de 1990, le lundi 27 août, pour la première fois depuis le déménagement de Forrest Hills en 1978, un match autre que la finale s'est disputé sans nuisance aéronautique.

Kevin Curren avait dit  : «  Oui ça sera mieux mais pour moi ce tournoi est derrière les autres Grands Chelems et c'est pour ça qu'ils cherchent à délocaliser.  ». Visionnaire.

Quand à David Dinkins, il est reçu chaque année en VIP du tournoi. Normal, c'est le sauveur.

Article rédigé par

Eli Weinstein

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