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Stade à moitié vide ou plein ?

Dominic Thiem n'a pas réussi à remplir les tribunes du tournoi de Halle. Cependant sur 12 300 potentiels, il y en avait tout de même 6500. C'est bien comme cela que Jean-François Caujolle, directeur de l'Open 13 Provence, voit la chose. Il explique les problématiques de remplissage de tribune.

Après un break de quelques jours, j'ai enfin repris contact avec le tennis en allumant ma télé sur  le match Thiem – Sugita, à Halle. Une fois passée  cette sensation indescriptible  de voir un terrain vert et pas  ocre, je ne pouvais plus m'arrêter de regarder ce stade de 12 300 places à moitié vide, alors que sur le terrain évoluait le récent finaliste de Roland-Garros,  qui plus est germanophone  ! Et ben malgré tout, ça ne suffisait pas pour attirer les Halloises et les Hallois.

Il fallait que j'en sache plus. Pourquoi ces tournois sont-ils si nombreux à galérer pour remplir leurs tribunes en début de tournoi  ? Qui mieux pour me répondre que Jean-François Caujolle (JFC), directeur de l'Open 13 Provence, ex-directeur de l'Open de Nice Côte d'Azur, ex-directeur d'anciennement le BNP Paribas Masters (Bercy), ex-directeur du Masters France …

Indian Wells arrivent à faire le plein

Je lui présente mon cas comme je viens de vous le faire et d'entrée il me reprend  : « Tu le vois à moitié vide, mais moi je le vois à moitié plein. Déjà, qu'il y ait 6  500 personnes, je trouve ça bien. Et il faut faire attention :  pour les tournois en extérieur avec plusieurs courts, il ne faut pas compter les spectateurs assis à leur places sur le central, mais connaître le flux dans la journée. Une journée sur un tournoi de tennis, c'est long. Les gens ne restent pas   à leurs places  pendant douze heures de suite. Ils se lèvent, ils vont se balader, voir ce qui se passe sur d'autres courts, manger un morceau, boire un coup...  ».

Alors pourquoi d'autres tournois comme Indian Wells arrivent-ils à faire le plein  ? Du tac au tac, JFC répond  : «  Sur des tournois comme Indian Wells ou Miami, il y a une grosse population de retraités qui n'a pas grand chose d'autre à faire et qui peut aisément peupler les gradins. Mais sur un tournoi comme le nôtre, à Marseille, nous avons  plusieurs problématiques  :  le pouvoir d'achat, le fait que les gens pensent systématiquement  que les jours de  demi-finales ou de finale sont les  meilleurs, et puis enfin le problème d'attractivité du joueur. Ces différents paramètres font qu'il est très compliqué d'avoir beaucoup de monde dès les premiers jours.  ».

La faute aux stars

Donc, selon le pays, la fréquentation varie. JFC confirme  : «  Je me souviens d'un Becker-Leconte au 2e tour, la salle était remplie au deux tiers. La semaine suivante, ils se sont rejoués à Essen, au 1er tour cette fois, un lundi soir, 12 000 places  : guichet fermé  !  Les latins consomment moins, alors que les anglo-saxons sont plus friands. Rotterdam est plein.  En Angleterre, c'est le cas également.  ».

Et l'importance des stars dans tout ça  ? «  Primordial  », répond JFC. Le souci avec Jean-François est qu'il adore tellement  parler tennis que l'interview dérape rapidement en conversation.  Néanmoins c'est  toujours  très intéressant, car il sait de quoi il parle. Du coup, je suis moi aussi passé en mode discussion de comptoir, en m'attaquant aux stars. Car si elles ne viennent pas, le public non plus. Mais pourquoi ne viennent-elles pas  ? Parce qu'on ne peut pas les payer. Les garanties demandées sont devenues  tellement élevées que si  les tournois acceptent leurs conditions, ils mettent automatiquement leur propre  économie en péril. «  C'est donc la faute aux stars  », lui dis-je. «  Ce n'est pas la faute aux stars mais plutôt  grâce aux stars. Ce sont ces joueurs qui font l'attractivité. Sans eux il n'y a rien  ».

Conclusion, un stade de tennis ne sera jamais plein à craquer à moins qu'il y ait  Nadal ou Federer. Seul souci,   ils coûtent très cher. Mais ça ne choque pas du tout JFC  : «  Federer et Nadal remplissent les tribunes. Ils motivent les gens à se déplacer, à se payer un billet, à allumer leur télé. Je trouve donc  normal qu'on les paie à leur juste valeur. Et puis,  ce sont des joueurs de tennis,  pas des philanthropes!  »  Alors, voir Federer à Marseille avant sa retraite, c'est possible  ? «  Je pourrais avoir Federer. Et je vais encore tenter de le faire car le revoir  dans mon tournoi, pour moi, c'est comme un rêve. C'est faire immensément plaisir aux gens. Le seul souci  est que la majeure partie de mon budget "Joueurs" partirait sur lui et qu'ensuite,  je ne pourrais plus mettre grand chose sur les autres. Et si pour une raison ou une autre il ne venait  pas, je me retrouverais le bec dans l'eau...  ». Bref, il n'y a pas de solution miracle, mais sachez que lorsque vous voyez des tribunes à moitié vide, les directeurs de tournoi les voient à moitiés pleines. Tout est donc question de perspective.

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Article rédigé par

Eli Weinstein

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