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Kyrgios ce noniste

Au moment où j'écris ce papier, le match entre Nick Kyrgios et Grigor Dimitrov n'est pas terminé. Mais l'issue du match importe peu sur la teneur de mes dires.

Au moment où j'écris ce papier, le match entre Nick Kyrgios et Grigor Dimitrov n'est pas terminé. Mais l'issue du match importe peu sur la teneur de mes dires. Il y a beaucoup de stats durant un match, mais il y en a une qui n'apparaît pas et que j'aurais vraiment aimé connaître. En l'occurence, le nombre de fois où Nick Kyrgios a prononcé le mot « non » ou fait non de la tête. C'est impressionnant. C'est en permanence. Point réussi. Point manqué. Peu importe. Il est dans le négatif perpétuel. Les rares moments où il en sort, comme par hasard, il se met à pratiquer son meilleur tennis.

Ça fait vingt ans que je roule ma bosse sur le circuit de tennis professionnel, et ça fait vingt ans que j'entends de la part de tous - qu'il s'agisse de joueurs, entraîneurs, préparateurs physiques, kinés, femmes de joueurs - qu'il faut rester positif. Se concentrer sur le positif. Maintenir le focus sur le positif. Bref, think positive.

Ça paraît léger et superficiel, mais c'est tellement vrai. Rester positif permet de chasser les pensées parasites. Un match de tennis professionnel tient à tellement peu, surtout lorsqu'il s'agit d'une confrontation comme celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi il faut mettre toute les chances de son côté et chasser tous les éléments susceptibles de polluer la concentration qui, dans ce type de match entre deux joueurs très proches en termes de niveau, est sans aucun doute le nerf de la guerre.

D'un côté, il y a Dimitrov qui, dès la ligne de départ, est resté de marbre. Sa tête n'a jamais effectué le geste de côté en côté. Il n'a cessé de s'encourager. A contrario, Nick Kyrgios, comme je vous l'ai dit plus tôt, n'a presque jamais quitté le mode négatif. Visiblement, il avait un souci avec la tension de ses cordages. Il n'était pas satisfait de la manière dont une personne de son clan avait géré le recordage de ses raquettes. Peu importe qu'au fur et à mesure du match, toute ses raquettes aient été recordées, Kyrgios a continué inlassablement à se plaindre de ce quelqu'un qui n'aurait eu « que ça à faire ». 

Cette attitude démontre un grand manque de remise en question chez ce garçon. Si quelque chose ne va pas, c'est la faute d'untel qui n'a pas fait ça correctement, ou de machin qui n'a pas prodigué le bon conseil. Le rejet de la faute sur les autres en permanence dénote un manque de maturité chez ce joueur qui, je vous le rappelle, est doté d'un talent hors du commun. Nick Kyrgios a presque toute les armes pour être numéro 1 mondial. Mais pour atteindre cette place, il va falloir qu'il sorte de sa zone de confort. Qu'il arrête de s'entourer de ce groupe qui le craint. Personne autour de lui n'ose lui rentrer dans le lard. Normal, il les fait vivre. Son frère, son père, son pote, sa copine, autant de personnes qui n'iront jamais au clash avec le champion.

Pour évoluer, il faut changer tout ça. Il faut laisser père et mère à la maison. Il faut demander à son frère de s'occuper de ses affaires en Australie. Et surtout, il faut embaucher un coach qui n'a pas besoin d'argent et qui fera le job, tout simplement parce qu'il veut voir un projet réussir. Il faut un dur. Quelqu'un qui fait peur. Quelqu'un qui obligera Nick Kyrgios à se rejeter la faute sur lui-même. Quelqu'un qui n'aura pas peur de lui dire ses quatre vérités quand il le faudra. Le premier nom qui me vient à l'esprit est Ivan Lendl. Je ne sais pas si cette association est possible, mais c'est ce type de personne dont Nick Kyrgios a besoin. Sans cela, il ne franchira jamais les derniers paliers qui le séparent du sommet de la pyramide. 

Au fait, le match est terminé. C'est Dimitrov qui a gagné

Article rédigé par

Eli Weinstein

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