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Le gazon de Wimbledon, fausse polémique ?

<p>Cette ann&eacute;e, depuis le d&eacute;but du tournoi, nombreux sont les joueurs(euses) &agrave; se plaindre de l&rsquo;&eacute;tat des courts. Les critiques doivent cependant &ecirc;tre relativis&eacute;es.</p>

Cette année, depuis le début du tournoi, nombreux sont les joueurs(euses) à se plaindre de l’état des courts. Si la météo martyrise en effet l’herbe londonienne, les critiques doivent cependant être relativisées. Et les aléas du terrain acceptés.

 

« Wimbledon se considère comme le plus grand tournoi de tennis au monde. Il faut donc que l’organisation se montre à la hauteur de ces standards. Et je ne pense pas que les courts soient à la hauteur cette année. » La punchline est signée Jamie Murray, frère ainé d’Andy, le chouchou de Londres. Une voix qui porte, donc. Dans son sillage, plusieurs autres joueurs(euses) se sont laissés aller à une critique facile envers le gazon anglais version 2017. Avec deux reproches majeurs : l’usure rapide de l’herbe, et le risque présumé trop important de glissade.

 

L’usure, d’abord, qui s’observe chaque année. Soumis à une activité intensive, le gazon perd de sa superbe au fur et à mesure des matchs et laissent place à la couche de terre creusée présente entre l’herbe et les fondations. Les courts, qui sont changés chaque année, ont beau être passés en 2001 de 70 % à 100 % de gazon « ray grass » - plus résistant que le gazon « creeping red fescue » utilisé précédemment -, rien n’y fait. « Ça fait déjà dix jours que les courts sont piétinés par les joueurs à raison de huit heures par jour, donc ça implique forcément une usure importante, note Gregory Brussot, fondateur du Lawn Tennis Club de Deauville, premier club de tennis sur gazon de France. Nous, on a évidemment aucun problème parce que nos courts sont beaucoup moins sollicités. » Mais pourquoi les courts de Wimbledon sont actuellement plus dégarnis que d’habitude ? Tout simplement parce que les fortes chaleurs observées récemment ont tendance à « bruler » le gazon. Chose que la joueuse suisse Timea Bacsinszky a visiblement du mal à comprendre - « C’était seulement le deuxième jour du tournoi et le terrain était déjà dévasté. Normalement, on voit ça plutôt en deuxième semaine. Je suis vraiment déçue par l’état des gazons cette année » -, contrairement à Fabio Fognini - « Ce n’est pas la faute des organisateurs. Il a fait très chaud cette année et l’herbe n’est pas aussi bonne que l’an dernier » - ou Novak Djokovic – « C’est quelque chose que je n’avais jamais trop vu à Wimbledon, où les courts sont toujours parfaits. Mais j’imagine que les conditions météo peuvent avoir un impact sur la qualité du gazon ».

 

“Un souci d’objectivité”

 

Et le risque de glissades, alors ? Inadmissible, selon certain(e)s. La Française Kristina Mladenovic n’a par exemple pas hésité à hurler au scandale après sa défaite au deuxième tour : « Aujourd’hui, sur le terrain, il est évident que c’était dangereux pour nous. C’est assez unique qu’après deux jeux, les deux joueuses veuillent arrêter le match. C’est que quelque chose ne va pas. » Que la surface de Wimbledon soit propice aux chutes (régulièrement vues lors de cette édition) n’est pourtant pas un phénomène nouveau. Surtout en première semaine. Raison pour laquelle Gregory Brussot considère la polémique comme un faux problème. Et met en avant un « souci d’objectivité ». Il s’explique : « Je remets davantage en cause la légitimité des critiques que celle des courts. Quand un joueur perd, il a forcément un avis plus critique. Vous savez, les avis sont subjectifs et donc à relativiser. Sur un même court, l’un va dire que ça ne glisse pas énormément quand l’autre dira le contraire. » Et d’enfoncer le clou : « De toute façon, le gazon glisse. Donc être bon sur cette surface implique de savoir trouver les appuis. Ça demande de l’expérience et un déplacement adapté par rapport au dur et à la terre. S’ils n’arrivent pas à s’adapter, certains joueurs peuvent avoir tendance à remettre en cause la surface plus que leur propre jeu. Il faut pourtant savoir reconnaitre qu’on n’a pas tous le jeu de jambes de Federer ! »

 

Dans ce contexte, qui est à blâmer ? Les constructeurs des courts de gazon, qui coutent en moyenne 60 000 euros, soit presque le double d’un terrain de terre battue) ? Les organisateurs, au petit soin de la pelouse dès qu’elle dispose d’un peu de tranquillité ? Le soleil, trop présent ? La pluie, trop absente ? Le réchauffement climatique, dont tout le monde se fout ? Neil Stubley, le jardinier-chef depuis 2013 ? Eddie Seaward, qui lui a laissé la place après trente ans de bons et loyaux services ? Ou plus simplement les quelques joueurs mécontents dès qu’un défaut ose pointer le bout de son nez sur un terrain de Grand Chelem ? Gregory Brussot a son idée sur la question : « On ne peut pas exiger du gazon une adhésion parfaite. Et je ne crois pas que les courts soient réellement plus mauvais que d’habitude. Il faut avouer qu’on est moins à l’aise sur cette herbe. Et faire avec la surface proposée, voilà tout. » Comme sur la terre de Roland-Garros squatté par ses bâches…

https://wearetennis.bnpparibas/fr_FR/article/2017/06/07/faut-il-reorganiser-les-fonds-de-courts-a-roland.

 

Par Florian Cadu

Article rédigé par

Par Florian Cadu

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