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Top 10 : les discours les plus mémorables de l’histoire des Grand Chelem

C’est le protocole : après chaque finale, le vainqueur comme le perdant doivent prendre le micro et y aller de leur petit discours d’après-match. Un exercice où certains champions et championnes s’avèrent meilleurs communicants que d’autres…

C’est le protocole : après chaque finale, le vainqueur comme le perdant doivent prendre le micro et y aller de leur petit discours d’après-match. Un exercice où certains champions et championnes s’avèrent meilleurs communicants que d’autres…

 

Le plus amour vache : Henri Leconte à Roland-Garros en 1988

 

Paris. 1988. Henri Leconte vient de s’incliner sèchement en trois sets face à Wilander, auquel il tient d’abord à rendre hommage à sa façon (« Mats m’a fait mal jouer, c’est sa grande force »). Puis vient le moment pour l’histoire : un genou plié contre la balustrade, il s’adresse au public, qui l’a pas mal chahuté pendant la quinzaine et lors des éditions précédentes. « J’espère que maintenant, vous avez un peu compris mon jeu », lance-t-il en défiant l’assemblée, recevant en retour quelques sifflets. Quand la grande gueule du circuit prend le micro et s’adresse à la foule de Roland-Garros réputée difficile, forcément ça fait des étincelles…

 

 

Le plus christique : Michael Chang à Roland-Garros en 1989

 

La coutume veut qu’après une finale, les deux adversaires se rendent hommage. Sauf que le vainqueur surprise de l’édition 1989 du tableau masculin - Michael Chang - n’a pas trop l’habitude des discours. Après avoir remercié ses parents, le gamin de 17 ans décide de rendre un hommage tout particulier à… Jésus Christ, sans qui, dit-il, il ne serait rien. Des louanges adressées la voix étranglée, avant de redonner le micro sans dire un mot de son adversaire Stefan Edberg, ni même lui jeter ne serait-ce qu’un regard. C’est pas grave Michael, Dieu pardonne.

 

 

Le plus bel effort : Jim Courier à Roland-Garros en 1993

 

Après deux victoires de suite les éditions précédentes, Jim Courier vient de s’incliner face à Sergi Bruguera. Une déception ? Certainement, mais au moins, l’Américain est désormais rodé pour ce qui est de se mettre le public dans sa poche. Si l’Espagnol a fait l’effort de parler en français, l’Américain aussi peut le faire. Même s’il est peu à l’aise dans la langue de Molière, le bon Jim délaisse l’anglais et s’amuse de ses hésitations. « Bon okay, l’année dernière j’ai parlé comme une vache espagnole, et cette année j’ai joué contre une vache espagnole », lance-t-il avant de reprendre son sérieux d’un « non, c’est pas drôle ». Si, si, ça l’est !

 

 

Le plus à l’aise : Marat Safin à l’Open d’Australie en 2005

 

Au début de la saison 2005, Marat Safin remporte son deuxième – et dernier – tournoi du Grand Chelem, l’Open d’Australie. Sous le soleil de Melbourne, le Russe se sent décontracté. Trois ans plus tôt déjà, après sa défaite face à Thomas Johansson, il avait amusé la galerie en remerciant ses « cousines » présentes dans le box, en réalité de jolies groupies… Cette fois, c’est donc en vainqueur qu’il s’adresse au public. Sa petite-amie est là donc le grand Marat est plus sage mais pas moins à l’aise pour remercier tout le monde, du vaincu Lleyton Hewitt jusqu’aux sponsors, en passant par son « team », tout le monde y a droit avec chaque fois un bon mot. Rarement le public de Melbourne Park n’avait autant ri.

 

 

Le plus lunaire : Mary Pierce à Roland-Garros en 2005

 

Remercier les sponsors, ça se fait en Australie, un peu moins en France. Mary Pierce l’apprend à ses dépens quand, quelques mois plus tard, elle se lance dans son speech d’après défaite face à Justine Henin, cinq ans après sa victoire contre Conchita Martinez. Etranglée par l’émotion, soutenue par des « Mary, Mary ! » qui descendent des tribunes, elle se lance assez maladroitement dans une série d’hommages, du service transport jusqu’aux ramasseurs de balles, en passant, donc, par le petit message de soutien aux sponsors. Quelques sifflets se font entendre avant que la Franco-Canadienne ne termine son discours en anglais pour sa famille. Lunaire.

 

 

Le plus émouvant : Roger Federer à l’Open d’Australie en 2009

 

Les grands champions sont rarement les plus beaux perdants. C’est le cas de Roger Federer, qui a du mal à encaisser sa défaite en finale à Melbourne en 2009 face à Rafael Nadal. Désarmé, il entame son discours d’un « God, it’s killing me » suivi de gros sanglots difficilement réprimés. Le moment est solennel, l’armure du géant Federer est fissurée. En tribune, Mirka est sous le choc, de même que Nadal, plus grave que jamais, qui applaudit. L’ovation est longue, Federer rend le micro, incapable d’en dire plus. De l’émotion d’une rare intensité.

 

 

Le plus impuissant : Andy Murray à l’Open d’Australie en 2010

 

Un an plus tard, la réponse du roi Roger ne s’est pas fait attendre : il conquiert son quatrième Open d’Australie (et dernier à ce jour), dominant en finale un Andy Murray impuissant et désarmant d’honnêteté. « J’espère qu’un jour, je pourrai revenir ici et gagner », lâche-t-il sans cacher son émotion, avant d’adresser un joli clin d’œil à son bourreau : « Je peux pleurer comme Roger mais c’est frustrant de ne pas pouvoir jouer comme lui. » L’Ecossais a disputé cinq finales à Melbourne et les a toutes perdues.

 

 

Le plus attendu : Andy Murray à Wimbledon en 2013

 

Heureusement pour l’actuel numéro 1 mondial, il y a eu des discours plus heureux. Le plus marquant est certainement celui qu’il a prononcé en 2013 lorsqu’il remporte à domicile le tournoi de Wimbledon en dominant Novak Djokovic. Tout acquis à sa cause, le public boit ses paroles. « Je sais combien vous souhaitiez qu’un Britannique gagne, donc j’espère que vous appréciez ! » Rarement une cérémonie d’après-finale n’avait montré une telle communion entre un vainqueur et les spectateurs.

 

 

Le plus réussi : Li Na à l’Open d’Australie en 2014

 

Lorsqu’elle remporte l’Open d’Australie en 2014, Li Na ne sait pas encore qu’elle n’est plus qu’à quelques mois de la retraite. Après une quinzaine parfaite, elle livre un speech non moins parfait de spontanéité et d’humour. Avec une belle sincérité, la Chinoise lance punchline sur punchline au moment de rendre hommage à son agent (« tu m’as rendu riche, merci beaucoup ») et son mari (« tu vas devenir célèbre en Chine, (…) merci tu es un bon garçon et tu as de la chance de m’avoir trouvée ! »). Monsieur est plié en deux, le public conquis.

 

 

Le plus pro : Roger Federer à l’US Open en 2015

 

S’il fallait désigner le joueur le plus à l’aise au moment du protocole, ce serait certainement Roger Federer. L’habitude, certainement… Le dernier discours en date prononcé en Grand Chelem remonte à sa finale perdue à l’US Open face à Novak Djokovic. En un peu plus de deux minutes, tout y est : une belle élocution, des hommages rendus à toutes les personnes concernées, pas mal d’émotion, un peu d’humour… Un modèle de speech qui pourrait se retrouver au programme de communication des joueurs de tennis.

 

 

Par Régis Delanoë

Article rédigé par

So Press

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