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Le jour où un 453ème mondial a gagné le tournoi de Lyon

Le tournoi de Lyon pourrait faire son retour au calendrier ATP? L'occasion de se rappeler qu'il y a 28 ans, il avait été le théâtre de l'un d'un exploit fantastique : la victoire de Yahiya Doumbia !

Le tournoi de Lyon pourrait faire son retour au calendrier ATP? L'occasion de se rappeler qu'il y a 28 ans, il avait été le théâtre de l'un d'un exploit fantastique : la victoire de Yahiya Doumbia, qui avait inscrit son nom à un palmarès où le rejoindront plus tard Pete Sampras, Kafelnikov ou encore Andy Roddick.

 

En février 1988, le tournoi de Lyon est tout beau tout neuf, et se prépare à vivre sa deuxième édition. Le rendez-vous n'est pas encore entré dans l'agenda des plus grands joueurs du circuit, mais quelques gros bonnets de la planète tennis ont tout de même fait le déplacement, attirés par la victoire de Yannick Noah lors de la première édition. L'ancien vainqueur de Roland Garros est d'ailleurs de la partie, et vient remettre son titre en jeu face aux Todd Nelson, Andreï Chesnokov, Jérôme Potier, et autres Eduardo Masso qui ont posé leurs valises dans la capitale des Gaules pour la semaine. Au milieu de ce petit monde, le Sénégalais Yahiya Doumbia n'est qu'un inconnu qui va devoir se coltiner les qualifications avant d'espérer avoir le droit à sa grande première sur le circuit : « C'était mon premier tournoi ATP. Avant, je faisais des tournois satellites, un peu comme les tournoi Futures d'aujourd'hui ». Né au Mali en 1963 et élevé au Sénégal, Doumbia a quitté son continent natal à 17 ans après avoir remporté le championnat d'Afrique : « Je recherchais de la compétition donc je suis venu un an en France, j'ai atterri au centre d'entraînement de Roland Garros. » L'expérience tourne court, Doumbia décide de reprendre ses études, et s'envole pour quatre ans aux États-Unis avant de revenir en se décidant à passer pro. Lorsqu'il débarque à Lyon il a donc déjà 24 ans, mais encore toute l'innocence d'un débutant.

 

Un examen réussi sans l'avoir préparé

Car pendant son exil américain, Yahiya Doumbia n'a pas oublié de jouer au tennis : « À l'université, j'avais joué contre les meilleurs joueurs américains, qui allaient intégrer le circuit professionnel. Par exemple Mikael Pernfors, qui a fait une finale à Roland Garros. Il y avait un niveau très fort, donc quand je suis arrivé sur le circuit, je n'avais pas d'appréhension, pas de peur. Le trac, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. » Ses premières balles au tournoi de Lyon sont pourtant loin d'être les promesses d'un exploit, puisqu'il sort des qualifications comme un sauteur en hauteur qui touche la barre, en sauvant une balle de match contre lui. Pour la suite, Doumbia oublie de se poser des questions, et s'amuse encore en se souvenant qu'il a enchaîné des victoires contre des joueurs qui ne le connaissaient pas, et contre qui lui-même n'avait rien préparé : « À l'époque ce n'était pas ma préoccupation première. J'étais un peu insouciant, j'entrais sur le terrain pour m'amuser, et je me battais comme un lion. Ça se passait bien et ça marchait, je n'avais pas besoin de réfléchir plus que ça ! » Dès son premier tour victorieux face à Andreï Chesnokov, alors tête de série numéro 2 et aux portes du Top 10 mondial, Doumbia comprend que sa semaine lyonnaise pourrait bien lui sourire, « Je lui mets 7-6, et là je me suis dit que j'avais une chance. Il ne restait que Noah, que je pouvais rencontrer en finale. Je sentais bien les balles, je n'avais pas de soucis, c'est là que j'ai su que je pouvais aller au bout. »

 

Passage de témoin avec Lleyton Hewitt

Yahiya Doumbia gère les tours suivants comme un chef, se débarrassant d'abord de Jérôme Potier dans un duel franco-français crève-cœur, avant d'expédier les affaires courantes face à l'Anglais Jeremy Bates puis l'Argentin Eduardo Masso en deux sets. Le jour de la finale, mauvaise surprise, ce n'est pas l'ami Yannick Noah qui est là mais celui qui l'a fait tomber au tour précédent, l'Américain Todd Nelson. Doumbia se permet de flancher au deuxième set, mais l'emporte (6/4, 3/6, 6/3) en battant au passage un drôle de record : il devient le joueur le plus mal classé de l'histoire à remporter un tournoi, lui qui était arrivé 453ème mondial à Lyon. « Le record, je ne le savais pas du tout. Je n'y pensais même pas, c'est après que je l'ai su ! » claironne t-il. La performance, qui ne passe pas inaperçue, doit beaucoup à son jeu fondé sur un solide trio service/coup droit/volée. Mais derrière Doumbia ne parvient pas à passer la deuxième : « Même moi, ça m'a surpris qu'après je ne réussisse plus à jouer aussi bien qu'à Lyon. Mais j'ai eu beaucoup de pépins physiques, des blessures au bras, sans médecin ou structure médicale pour m'aider. C'est ça qui m'a freiné. » Un septennat plus tard, en 1995, il s'offre un nouveau titre à Bordeaux, là aussi en étant issu des qualifications, et en sortant du fin fond du classement ATP. « Mon record de Lyon, je l'ai battu à Bordeaux ! » Un record battu depuis par Lleyton Hewitt, vainqueur du tournoi d'Adelaïde en 1998 à 16 ans, quand il squattait la 550e place à l'ATP. Doumbia aurait pu trouver pire, pour récupérer son flambeau.

 

Par Alexandre Doskov

Article rédigé par

So Press

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