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L’art de la finale, par Stanislas Wawrinka

Entre juin 2013 et septembre 2016, Stan Wawrinka n’a pas perdu une seule finale dans laquelle il était engagé. Une stat qui place le Suisse très haut dans la hiérarchie des meilleurs spécialistes de cet exercice du dernier match avant le titre. La

Entre juin 2013 et septembre 2016, Stan Wawrinka n’a pas perdu une seule finale dans laquelle il était engagé. Dont un immaculé trois sur trois en Grand Chelem, qui place le Suisse très haut dans la hiérarchie des meilleurs spécialistes de cet exercice bien particulier du dernier match avant le titre. La preuve par quatre.

 

Invincibilité en finale de Grand chelem : près des meilleurs… sauf Federer

Open d’Australie 2014, Roland-Garros 2015, US Open 2016 : Stan Wawrinka a remporté ses trois premières finales de Grand Chelem disputées. C’est très fort, et cela fait de lui l’égal de Jimmy Connors, Björn Borg, Stefan Edberg et Gustavo Kuerten – seul de cette prestigieuse brochette à s’être ensuite arrêté à ce total de trois titres du Grand Chelem, les autres ayant au minimum doublé, voire quadruplé, la mise – dans l’ère Open. Cela ne représente pourtant même pas la moitié du chemin par Roger Federer : l’aîné des Suisses qui gagnent est sorti vainqueur de ses sept premières finales de Grand Chelem disputées (Wimbledon 2003, Open d’Australie, Wimbledon, US Open 2004, Wimbledon, US Open 2005, Open d’Australie 2006) avant de connaître sa première défaite dans l’exercice, face à Rafael Nadal à Roland-Garros en 2006. Pour donner un aperçu de l’ampleur de l’exploit réalisé par l’homme aux 17 titres du Grand Chelem, la passe de sept de Federer lui vaut d’égaler deux champions des années 1880, Richard Sears à l’US Open et Williams Renshaw à Wimbledon… à l’époque où le vainqueur sortant était d’office qualifié pour la finale l’année suivante, selon le principe du Challenge round !

 

Victoires consécutives dans des finales : près des meilleurs... sauf Federer (bis)

Battu en finale à Saint-Pétersbourg, Stan Wawrinka restait sur onze finales remportées consécutivement – 12 si on compte celle, collective mais quand même, de la coupe Davis par BNP Paribas 2014. Sa série est la 5e de l’ère Open, tout près de Björn Borg et John McEnroe (12) et de Rafael Nadal (14). Il reste en revanche à distance respectable – à mi-chemin là encore – du record de son compatriote Roger Federer, vainqueur de 24 finales consécutives entre Vienne en 2003 et le Masters en 2005. Avant cette fin de série face à David Nalbandian (et alors qu’il est passé à deux points du match au cinquième set !), le Suisse avait enquillé Vienne et Masters en 2003, Open d’Australie, Dubaï, BNP Paribas Open d’Indian Wells, Hambourg, Halle, Wimbledon, Gstaad, Toronto, US Open, Bangkok et Masters en 2004, Doha, Rotterdam, Dubaï, BNP Paribas Open d’Indian Wells, Miami, Hambourg, Halle, Wimbledon, Cincinnati, US Open et Bangkok en 2005. Ses victimes favorites dans l’intervalle ? Andy Roddick (5 fois, dont 2 à Wimbledon), Lleyton Hewitt (3 fois, dont l’US Open et le Masters) Andre Agassi (2 fois, US Open et Masters), Marat Safin (2 fois, dont l’Open d’Australie), sans oublier Ivan Ljubicic (3 finales) et deux petits jeunes dénommés Rafael Nadal et Andy Murray.

 

Nombre de tournois du Grand Chelem remportés pour un champion au profil dit « tardif » : sans équivalent dans l’ère moderne

Stan Wawrinka est un modèle, un exemple même, pour tous ceux qui, à 28 ans, persistent à croire en leur étoile malgré une armoire à trophées toujours vierge de grand titre. Dans l’ère Open, rares sont ceux qui, ayant ouvert leur palmarès en majeur après 25 ans (en gros la mi-carrière, donc), ont su doubler la mise et ne pas rester des one hit wonder. Citons Ilie Nastase (US Open 1972 à 26 ans, récidive à Roland-Garros l’année suivante) et Andy Murray (25 ans et 4 mois à l’US Open 2012, deux Wimbledon à la clé depuis). Stan Wawrinka va encore plus loin : lauréat de son premier titre du Grand chelem à quasiment 29 ans (28 ans et 9 mois à l’Open d’Australie 2014), il présente le seul profil de « grand tardif » à avoir su récidiver, non pas une fois, mais deux fois (Roland-Garros 2015 à 30 ans et 2 mois, US Open 2016 à 31 ans et 6 mois). Le dernier cas de joueur s’étant à ce point bonifié avec l’âge nous renvoie à l’ère amateur (quand les joueurs les plus forts du monde ne pouvaient s’aligner en Grand Chelem), et à Jaroslav Drobny, qui a ouvert son palmarès en majeur à 29 ans (Roland-Garros 1951), avant de gagner encore un Roland-Garros et un Wimbledon. Mais différence de taille, Drobny avait déjà joué (et perdu) 4 finales majeures quand il a enfin touché au but.

 

Victoires contre le n°1 dans une finale majeure : Stan, le « tueur de géants »

Iron Stan » face aux n°1 dans les grandes finales, c’est quelque chose : s’il n’est évidemment pas seul à avoir battu par trois fois un n°1 mondial en exercice dans une finale majeure – big up Rafael Nadal qui y est parvenu aux dépens de Roger Federer (Roland-Garros 2006, 2007, 2008, Wimbledon 2008) que de Novak Djokovic (Roland-Garros 2012, US Open 2013), là où le cas de Stan Wawrinka est inédit, c’est qu’il a remporté TOUTES ses finales majeures aux dépens du n°1 mondial : Open d’Australie 2014 contre Rafael Nadal, Roland-Garros 2015 et US Open 2016 contre Novak Djokovic. Et ce alors même que son ratio en carrière est par ailleurs de 18 défaites en autant de rencontres face à des n°1 en exercice ! Pour faire bonne mesure, sur les deux premiers titres du Grand Chelem en question, Wawrinka avait aussi battu le n°2 (Djokovic à l’Open d’Australie 2014, Federer à Roland-Garros 2015). N’en jetez plus : pour donner un ordre d’idée, il fallait remonter à 1993 pour trouver trace d’un joueur remportant un tournoi majeur en battant les deux meilleurs mondiaux au passage, à savoir Sergi Bruguera éliminant Pete Sampras et Jim Courier à Roland-Garros en 1993.

 

Par Guillaume Willecoq

Article rédigé par

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