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Top 10 : Les maudits de Roland-Garros

Jusqu’au jour où il triomphera à Roland-Garros, Novak Djokovic peut être considéré comme un maudit de Paris. Si ça peut le rassurer, il n’est pas le premier.

La liste s’allonge d’année en année ! Un coup de pompe en 2010 contre Melzer, un Federer en état de grâce en 2011, la pluie en 2012, sa raquette qui touche le filet sur un point crucial en 2013, un Wawrinka qui fait le match de sa vie en 2015… Jusqu’au jour où il triomphera à Roland-Garros, Novak Djokovic peut être considéré comme un maudit de Paris. Si ça peut le rassurer, il n’est pas le premier.

 

Bill Tilden, qui croit faire un ace sur la balle de titre

 

Le plus grand joueur de l’entre-deux-guerres a semé la terreur partout où il est passé, sauf à Roland-Garros. Invaincu entre 1920 et 1926, le « grand Bill » s’est toujours fait fesser par les Mousquetaires à Paris, Coupe Davis comprise. En 1927, un an avant la construction du stade, il manque deux balles de match en finale contre René Lacoste. Sur la deuxième, il croit claquer un ace, finalement annoncé dehors par le juge de ligne (qui n’était autre qu’un Mousquetaire, Henri Cochet !). De nouveau finaliste en 1930, ce même Cochet l’écœure en trois petits sets le dernier dimanche lors d’une finale évènement qui déplace les foules, la légende évoquant des embouteillages jusqu’à la Seine.

 

Vic Seixas, mystifié par un joueur au service de « fillette »

 

Titré à Wimbledon et à Forest Hills, l’Américain échoue sur la dernière marche parisienne en 1953, battu par un junior, l’Australien Ken Rosewall, 18 ans. Deux ans plus tard, alors qu’il est le grand favori d’une édition désertée par Rosewall et toute la bande des « Aussies », le meilleur joueur US du moment est mystifié en quart de finale par un Italien au jeu hypnotique, le petit Giuseppe Merlo… doté d’un service de « fillette » et d’un revers à deux mains « qui n’avance pas », dixit la presse de l’époque.

 

Istvan Gulyas, trop sympa

 

À vous dégoûter d’être honnête ! Le vendredi 3 juin 1966, à la veille au soir de sa seule et unique finale majeure, cet architecte hongrois de 34 ans, apprend que son adversaire Tony Roche s’est blessé en double et qu’il ne peut pas jouer. Sauf que, beau joueur, il accepte spontanément de repousser la finale au surlendemain, refusant de gagner par forfait. Le dimanche, requinqué, l’Australien le remercie en le battant en trois sets secs, et lui laisse le Prix du fair-play de l’Unesco. Une récompense honorable, mais quand même…

 

Jimmy Connors, interdit de séjour

 

En 1974, l’année de ses 22 ans, Jimbo règne en maître sur le circuit : il finit l’année sans perdre un match en Grand Chelem, mais ne peut défendre sa chance à Paris, privé de dessert par les organisateurs pour avoir signé avec la WTT, un circuit concurrent. Aurait-il battu le jeune loup suédois Björn Borg, comme il l’a fait deux mois après Roland-Garros, sur la terre battue rapide d’Indianapolis ? La star américaine intentera un procès (perdu) contre le tournoi, et fera la tête pendant des années, avant de revenir en 1979… Mais il était trop tard.

 

John McEnroe cafouille au pire moment

 

Pour beaucoup, sa défaite lors de sa seule finale parisienne, en 1984, est un crève-cœur. L’histoire est archi-connue : McEnroe, impérial, mène 6/3 6/2 avant de s’éteindre comme une bougie et de voir son pire ennemi Ivan Lendl s’imposer 7/5 au cinquième set.

 

 

Un mal pour un bien ? Cette malédiction a donné à sa carrière ces accents romanesques qui manquent parfois à ces champions à qui tout réussit. Et c’est peut-être précisément parce que le génie américain l’a perdu qu’elle a provoqué un tel retentissement dans l’esprit des spectateurs du monde entier, et qu’elle est la plus belle de toutes.

 

Boris Becker, à un pouce de la finale

 

Le roi de Wimbledon a été maudit sur la terre battue tout court, lui qui n’a jamais gagné le moindre titre ATP sur cette surface trop lente pour son tennis carabiné. À Paris, l’Allemand a été stoppé trois fois en demi-finales, en 1987, 1989 et 1991. C’est en 1989 qu’il est le plus proche d’une finale, mais il se blesse au pouce en demie, alors qu’il a un break d’avance dans le set décisif  contre Stefan Edberg.

 

 

En finale, il aurait retrouvé Michael Chang, qu’il a battu 5 fois sur 6…

 

Stefan Edberg, incapable de breaker l’ado terrible

 

Affronter un gamin de 17 ans en finale d’un Grand Chelem est-il un cadeau empoisonné ? Les trois seuls joueurs qui ont disputé une finale aussi jeune, Wilander, Becker et Chang, se sont imposés… Stefan Edberg, souvent aussi aérien sur terre battue que son gazon, s’est heurté à ce dernier en 1989, malgré une avance de deux sets à un et dix occasions de faire le break dans le 4è set, dont une à 4-4… La guigne !

 

 

Pete Sampras, victime d’un coup de chaud

 

Comme Connors, Becker, Edberg et pour l’instant Djokovic, Pete Sampras est reparti avec la coupe partout sauf à Roland-Garros. L’Américain aux quatorze titres majeurs n’a jamais semblé aussi concerné par les Internationaux de France que lorsqu’il atteint les demi-finales en 1996, l’année où des records de températures sont enregistrés à Paris pour un mois de mai… Mais Sampras n’a jamais aimé sué sous la canicule, et est alors largement dominé par Yevgeny Kafelnikov.

 

 

Martina Hingis, qui a tout le temps qu’on disait

 

Dès l’année de ses 17 ans, la Suissesse triomphe à Melbourne, Londres New York et semble avoir la vie devant elle pour boucler la boucle à Paris. Après une première finale perdue contre Iva Majoli en cette même année 1997, Martina Hingis sert pour le titre deux ans plus tard contre Steffi Graf… avant de perdre le contrôle de ses nerfs à la suite de plusieurs incidents d’arbitrage. Elle termine la partie en enfant gâtée et sert à la cuillère comme pour gâcher la fête de Graf, avant de pleurer sur l’épaule maternelle.

 

 

Graf lui assure alors qu’elle a encore le temps, mais elle ne disputera par la suite que trois fois le simple, sans jamais dépasser les demi-finales.

 

Guillermo Coria, qui devait faire comme Vilas…

 

Son destin était tout tracé. Son père, professeur de tennis, l’avait même prénommé Guillermo en hommage à Vilas, dont il aurait dû devenir le successeur argentin au palmarès. Tout allait comme sur des roulettes en ce dimanche 6 juin 2004, Guillermo Coria commence même par mener facilement deux sets à zéro face à son inattendu compatriote Gaudio, que ses parents ont prénommé ainsi en hommage à… personne. C’est finalement celui qui n’était pas du tout programmé pour gagner qui s’impose en sauvant miraculeusement deux balles de titre. En face, au moment de conclure, Coria donne soudainement l’impression de ne plus savoir jouer. Psychologiquement, Coria en est sorti brisé, vidé. L’arrivée de Nadal un an plus tard l’a définitivement balayé. 

 

 

Par Julien Pichené

Article rédigé par

So Press

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