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Top 5 : Les derniers seront les premiers

Cette semaine, le circuit ATP fait escale à Houston. En 2004, Tommy Haas remportait le tournoi alors qu’il ne figurait qu’au 349e rang international. Évidemment, dans la mythologie du tennis, il n’est pas le seul David à avoir battu Goliath. En v

Cette semaine, le circuit ATP fait escale à Houston. En 2004, Tommy Haas marquait le Texas de son empreinte en remportant le tournoi alors qu’il ne figurait qu’au 349e rang international. Évidemment, dans la mythologie du tennis, il n’est pas le seul David à avoir battu Goliath.

 

1/ Quincaillerie, Open d’Australie et chapeau de cow-boy

 

« Edmondson fait partie de ces joueurs hippies qui se déplacent en groupe. Il ne se soucie pas de l’élégance et arrive sur le court avec un short rouge et un chapeau de cow-boy », écrit Jean-Claude Barclay, quart de finaliste à Roland-Garros en 1963, dans Tennis Magazine à propos de Mark Edmondson. Moustachu et râleur, l’Australien était classé 112e à l’ATP lorsqu’il remporte l’Open d’Australie en 1976. Il détient ainsi le record du joueur le plus mal classé à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem depuis l’ère Open. Une prouesse d’autant plus singulière qu’il n’avait remporté jusque-là qu’un seul match en tournoi majeur. C’était à Wimbledon, l’année précédente. Pour se rendre à Londres, il avait financé son voyage en travaillant quelques semaines plus tôt dans une quincaillerie. « Cet été, il vivait avec deux copains, se souvient Barclay. Et tous les trois dormaient dans un minibus Volkswagen. »

 

2/ « Rien ne pouvait m’arrêter »

 

Né en Yougoslavie, de nationalité canadienne et résident aux Bahamas, c’est peu dire que Daniel Nestor aime brouiller les pistes. Sur le court, c’est la même chose : en 1992, pour sa première année chez les professionnels, alors âgé de 19 ans et classé 238e mondial, il surprend Stefan Edberg au premier tour de la Coupe Davis par BNP Paribas. Sur la moquette intérieure, encore acceptée sur le circuit ATP, il parvient à remonter un déficit d’une manche pour finalement l’emporter sous les exclamations d’un public de Vancouver surpris par les montées à tout-va du jeune Canadien. Dans une fin de match explosive, conclue en cinq sets, il fait même dérailler Edberg qui fracasse deux raquettes successivement contre le sol. Ému, il prend le micro après le match : « Rien ne pouvait m’arrêter. » Excellent joueur de double par la suite, Nestor conserve encore aujourd’hui le record du joueur le plus mal classé à avoir battu un numéro 1 mondial en exercice. Tabernacle.

 

 

3/ « Je n’ai jamais vraiment donné d’autographes »

 

579e place à la WTA. C’est le classement de l’Indonésienne Angélique Widjaja à l’heure de sa victoire au tournoi de Bali en 2001. Un événement auquel elle était invitée. Âgée de 16 ans seulement, cet exploit lui donne rapidement quelques idées. « Je veux entrer dans le top 20 mondial avant mes 20 ans. » Malheureusement, son meilleur classement restera une 55e place atteinte en 2003. Plus frustrant encore, ce sacre à domicile est son unique sur le circuit. De quoi laisser quelques regrets ? « J’ai fait la carrière que je méritais, confessera-t-elle quelques années plus tard. Je remarque juste qu’en dehors de mon pays, je n’ai jamais vraiment donné d’autographes. »

 

4/ Son classement ? Néant

 

Et si la performance la plus renversante de l’histoire du tennis nous venait de Finlande ? En 1982, Olli Rahnasto réussit à passer deux tours à Stockholm, éliminant coup sur coup Stan Smith et Steve Denton, respectivement numéro 12 mondial et finaliste de l’Open d’Australie quelques semaines plus tôt. Son classement ? Fantôme. En effet, le jeune Finnois n’a aucun point ATP en poche lorsqu’il bouscule tout ce beau monde. Pas mal pour un type qui ne parle même pas anglais et qui a dû franchir avant cela les requalifications et les qualifications du tournoi. Un fait d’armes sans lendemain puisqu’en dix années de carrière, il jouera moins d’une dizaine de matchs sur le grand circuit.

 

5/ « Laquelle de nous deux a gagné le match ? »

 

Dans un même registre, une jeune Américaine sort de l’ombre en remportant l’édition 1990 du tournoi de Boca Raton. Son nom ? Jennifer Capriati, 13 ans et 11 mois. Son classement ? Inexistant lui aussi. Avant même le début de la compétition pourtant, tout est orchestré comme une gigantesque foire commerciale. Plus d’une centaine de journalistes venus du monde entier est présente. Une équipe de télévision la suit déjà pour un documentaire, The Making of a champion, alors qu’elle n’a disputé aucun match professionnel mais qu’elle comptabilise déjà deux millions de dollars de revenus en sponsoring. Et dire qu’à 6 ans seulement, Jennifer remporte un match contre une joueuse de 10 ans son ainée. Au moment de serrer à la main à l’arbitre, elle demande à ce dernier : « Laquelle de nous deux a gagné le match ? »  Si Capriati a sans doute grandi trop vite, ce n’est qu’à partir de ses 25 ans qu'elle remporte, après de nombreux déboires personnels, trois titres du Grand Chelem et qu'elle devient, en 2001, numéro une mondiale.

 

Par Victor Le Grand

Article rédigé par

So Press

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