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Le jour où… une alerte à la bombe a annulé la finale de Rotterdam

Edition 1984 du tournoi de Rotterdam, Ivan Lendl domine sa finale (6-0 1-0) face à Jimmy Connors. Jusqu’à ce qu’un mystérieux coup de fil anonyme soit passée à l’accueil du stade.

Edition 1984 du tournoi de Rotterdam, Ivan Lendl domine sa finale (6-0 1-0) face à l’un de ses plus grands rivaux, Jimmy Connors. Mais alors qu’il file tout droit vers la victoire, un homme vient mettre un petit caillou dans sa chaussure en passant un coup de fil à l’accueil du stade. L’objet de son appel ? Une bombe serait cachée près du court…

 

Ce n’est pas parce qu’un match se joue en salle qu’il doit forcément être mené à son terme. Si les courts extérieurs sont exhibés aux intempéries, les courts indoor, eux, peuvent parfois être exposés aux turpitudes de la vie moderne. En 1984, Ivan Lendl et Jimmy Connors vont en faire l’étrange découverte, alors qu’ils s’affrontent en finale du tournoi de Rotterdam. Une rencontre que le Tchécoslovaque domine de la tête et des épaules, menant rapidement 6-0 1-0, service à suivre. Moment choisi par un policier pour prendre le micro et faire une annonce : “Pas de panique, quittez la salle en ordre. Police.” Sans réellement comprendre ce qui se passe, les 5 000 spectateurs du stade s’exécutent. Les ramasseurs de balles, les arbitres, Connors et Lendl sont sommés de faire la même chose, laissant les téléspectateurs bien seuls devant leur écran et un stade vide.

 

« Lendl ne veut prendre aucun risque »

 

Une fois l’enceinte vidée, les premières explications tombent : un inconnu se déclarant « d’un front anticapitaliste local » vient de passer un coup de fil anonyme à l’accueil de l’enceinte. Ce dernier les informe que des explosifs sont cachés quelque part près du court ; et surtout, prêts à être actionnés. Les inspections menées, les policiers dépêchés sur place se rendent vite compte de la supercherie : cette alerte à la bombe est une fausse. Soulagés, certains spectateurs reprennent place en tribunes. La rencontre peur reprendre. Mais les joueurs ne sont pas de cet avis. La trouille ? « Ce fut compliqué, mais je viens de convaincre Connors. Pas Lendl en revanche qui ne veut pas prendre le moindre risque », lâche à la presse Wim Buitendijk, directeur de l’événement. Connors prend alors les choses en mains, pointe dans le vestiaire de son adversaire et lui propose de reprendre les raquettes le lendemain, là où le match s’est arrêté. Fair-play ? Pas assez pour Lendl qui fait à son tour une proposition, non négociable : que le montant du prize money, 50 000 dollars pour le vainqueur et 25 000 dollars pour le perdant, soit enfermé dans un coffre-fort jusqu'à ce que le match puisse être repris. Mais bien plus tard. Il ne le sera jamais, faute de moyens pour les organisateurs et de temps pour les deux joueurs. Qui seront finalement tous les deux déclarés vainqueurs.

 

Connors dans le coup ?

 

Quatre ans plus tôt, Jimmy Connors avait déjà vu sa finale stoppée à jamais du côté Monte-Carlo, en raison de pluies diluviennes, face à Guillermo Vilas. Une finale jouée un lundi après-midi, le programme du tournoi étant retardé de 24h. En raison, là encore, des intempéries. Comme à Rotterdam, malgré les promesses faites par les deux joueurs, les organisateurs ne réussiront jamais à trouver une date avec eux pour terminer cette partie. À leur décharge, aucun règlement officiel n’oblige un tournoi à terminer une finale lorsqu’elle celle-ci est interrompue. Mais contrairement à cette dernière marche monégasque, dont le score était de cinq jeux partout dans le premier set, en 1984, Ivan Lendl menait largement les débats et aurait pu trouver le temps de finir le travail. Dommage. Pour l’anecdote, depuis le début de l’ère Open, aucun match entre deux joueurs du Top 4 ne s’est terminé sur ce score (6-1, 1-0) dans un tournoi officiel. Mais l’essentiel est ailleurs. Comme le suppute Peter Fleming, ancien joueur américain et ami personnel d’Ivan : « Demandez à Lendl encore aujourd’hui, je suis sûr qu’il pense que ce sont des proches de Connors qui ont passé ce coup de téléphone. »

 

Par Victor Le Grand

Article rédigé par

So Press

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