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Quel tournoi du Grand Chelem préfèrent les joueurs ?

L’US Open et ses croqueurs de pop-corn, Wimbledon et ses traditions, le show relax de Melbourne, Paris et sa terre battue… Alors que l’US Open entre dans sa deuxième semaine, il était temps de poser la question : lequel est le petit chouchou des j

L’US Open et ses spectateurs croqueurs de pop-corn, Wimbledon et ses traditions, le show relax et festif de Melbourne, Paris et sa terre battue… Alors que le circuit ATP élit chaque année le tournoi préféré du circuit – le BNP Paribas Open d’Indian Wells pour 2015 - aucun classement n’est réalisé à propos des quatre Grands Chelems. Au moment où l’US Open entre dans sa deuxième semaine, il était temps de poser la question : lequel est le petit chouchou des joueurs ? 

 

C'est un incontournable des premières semaines de Grand Chelem. Pire, une hypocrisie rituelle et célébrée lorsque le tennis cède à l'obligation du consensuel : les joueurs défilent devant la presse, lâchent un sourire derrière les micros et déclarent que le Grand Chelem auquel ils participent leur « tient particulièrement à cœur ». Normal, c’est « leur préféré ». Problème : les goûts des joueurs semblent être calqués sur le calendrier ATP... Mais quel tournoi est objectivement le petit préféré des tennismen ? Et surtout, pourquoi ?

 

De toute évidence, la principale raison qui pousse les joueurs dans les bras d'un tournoi est directement liée aux conditions de jeu : c'est la surface qui détermine les ambitions d'un joueur, et, fatalement, son ressenti. Gaël Monfils, par exemple. « Je ne prends pas de plaisir sur le gazon, j’ai une certaine peur. La surface est traumatisante, je fais gaffe sur chaque appui et c’est super pénible », lâchait-il en juillet dernier, tandis que la terre battue de Roland-Garros convient si bien à ses glissades. Dans la même veine, la terre battue parisienne, favorisant un type de jeu plus lent, peut pour certaines têtes de série à grosse frappe s’apparenter à un piège ouvert. Surtout en cas de tirage malheureux, c’est-à-dire un  joueur espagnol, argentin ou plus largement sud-américain.  Un terrien quoi.

 

  « Tout est pourri ici ! »

 

Plus qu'une surface, un tournoi est aussi représentatif d’une ambiance. Et sur ce point, les différences sont absolues. Pas facile ainsi pour les puristes du tennis de s'habituer aux passages des avions au-dessus de Flushing Meadows. Et surtout au bruyant public américain. Guy Forget peut en témoigner : « L'US Open, c'est le public de tennis le moins connaisseur de tous les tournois du Grand Chelem. Les gens font à Flushing comme s'ils allaient voir jouer les Knicks ou les Mets. Ils vont sans arrêt chercher à boire ou à manger. Pendant le match, souvent ça dort. Quand arrive le tie-break, ça se met à gueuler de partout. » Une foule versatile, qui parle fort, téléphone pendant les échanges... et peut même transformer le court en dépotoir : « Quand vous jouez, des gens sont accoudés aux balustrades, sortent des sandwichs et des chips peuvent tomber sur le court », confie l'ancienne joueuse Sarah Pitkowski.

 

Mais certains apprécient cette décontraction qui tranche avec l'atmosphère feutrée de Wimbledon : respect immense des traditions, silence absolu, ici, on joue dans le temple du tennis. Et ce qui inspire le respect pour certains peut être vu comme un carcan un peu lourd à supporter pour d'autres. Le port obligatoire et exclusif du blanc, notamment, a été critiqué par le roi Federer himself après un récent durcissement des contrôles : « J'adore Wimbledon, mais ils sont allés trop loin désormais. Les règles sont devenues ridiculement strictes ». Et même malsaines, parfois. La joueuse tchèque Barbora Strycova a été témoin d'une application pour la moins tatillonne du all white : « Nous jouons en blanc, donc nous devrions porter des sous-vêtements blancs, mais c'est assez bizarre que des officiels viennent vérifier... Je trouve ça étrange. ». Benoît Paire  mâche moins ses mots à propos du décorum soigné du tournoi londonien : « Tout est pourri ici ». Au moins, c'est clair.

 

« Pire que les Français, les Parisiens »

 

A Roland-Garros, les paradoxes sont de mise : si l'environnement chic et bourgeois du XVIe arrondissement parisien, les fleurs sur le court et les panamas en tribunes incarnent l'élégance à la française, le public de la porte d'Auteuil peut se montrer bien moins courtois. Toni Nadal, oncle et entraîneur de Rafael, n'a pas hésité à faire dans l'ethnologie des tribunes. Et le résultat n'est pas flatteur pour Roland : « Il n'y a qu'une catégorie de supporters pires que les Français, ce sont les Parisiens. » Les joueurs sont souvent choqués par les spectateurs exubérants et râleurs des courts de Roland, qui n'hésitent pas à huer les tennismen au moindre geste d'humeur, parfois sans raison. Martina Hingis confirme : « Le public français est le plus dur ». Les arbitres ne sont d’ailleurs pas en reste en la matière.

 

Finalement, l'Open d'Australie, bien que moins médiatisé que ses homologues anglais et parisien, pourrait bien remporter la palme chez les jeunes joueurs. Tout d'abord grâce à sa place dans le calendrier. Premier grand rendez-vous de la saison, le tournoi de Melbourne est l'occasion de voir des joueurs frais physiquement et mentalement. Signe de ce dynamisme, les surprises y sont nombreuses, et parfois révélatrices : si Arnaud Clément, Jo-Wilfried Tsonga ou Thomas Enqvist ont pu un jour accéder à la finale, ce fut également le cas d’Amélie Mauresmo, futur numéro 1 mondiale, alors âgée de 19 ans.

 

« Une deuxième maison »

 

Mais si l'Open d'Australie est apprécié, c'est aussi pour son ambiance chaleureuse. Roger Federer lui-même a surnommé le tournoi le Happy Slam, le Grand Chelem Heureux. Difficile de lui donner tort : entre les officiels aux petits oignons, les installations modernes et des hordes de fans amicaux... Une ambiance conviviale servie par les lieux, comme le décrit Federer : « La ville est plus petite, comparée aux trois autres Grands Chelemset il est facile de se déplacer. Tout est pratique ici. C'est bien organisé. Je ne dis pas que les autres ne le sont pas, mais celui-ci semble vraiment sympa et relax, ça aide beaucoup. » Ana Ivanovic apprécie aussi : « Ici, je sens vraiment que les gens sont excités par le tennis. Ils adorent encourager. Ils chantent fort. Puisqu'il n'y a pas de tournoi en Serbie, c'est comme une deuxième maison pour moi. » Et pourtant... cela n'est pas toujours suffisant.

 

Est-ce qu'un triomphe dans le cadre ultra-moderne de la Rod Laver Arena a la même saveur qu'une victoire sur le mythique Centre Court, ou sur le Philippe-Chatrier ? Le fait est que les deux tournois européens conservent chez beaucoup de joueurs un charme, un attrait particulier. Wimbledon, surtout, jouit d'un prestige considérable chez les joueurs qui le considèrent fréquemment comme le tournoi le plus légendaire. Alors peut-être qu’en fait, lorsque les joueurs déclarent, sans sourciller, à chaque début de nouveau Grand Chelem, que ce tournoi leur « tient particulièrement à cœur », c’est simplement qu’il leur est impossible de choisir.

 

Par Hadrien Mathoux et Théo Denmat

 

Article rédigé par

So Press

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