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10 choses à savoir sur le public de Roland-Garros

« Roland-Garros, c’est le public ! » disait le Président de la Fédération Française de Tennis Philippe Chatrier dans les années 70. En voici quelques preuves !

« Roland-Garros, c’est le public ! » disait le Président de la Fédération Française de Tennis Philippe Chatrier dans les années 70. Ce public parisien qui donne le « la », approuve, siffle, gueule, se trompe parfois, ronfle souvent, qui a ses têtes de Turc et ses héros, ses travers et ses coups de génie, a fait, et fait encore, l’histoire du tournoi… En voici quelques preuves !

 

1/ Il a fallu une grève générale pour faire venir le public en masse

 

Si les évènements de mai 1968 n’ont pas fait les affaires du général De Gaulle, ils ont sauvé Roland-Garros. La grève générale a provoqué une marée humaine sans précédente vers la Porte d’Auteuil, assurant la survie d’un tournoi alors bien moins côté que Wimbledon. Sans l’appui de la télévision ni de la presse, les Internationaux de France dépassent cette année-là, et pour la première fois, la barre des 100 000 spectateurs. 

 

2/ Le public parisien n’est pas si chauvin qu’on le prétend

 

Si Noah, Leconte ou Monfils ont réveillé la fibre patriotique des spectateurs, ce sont sans doute des étrangers qui ont reçu leurs plus chaleureux soutiens. Roger Federer en 2009, Stefan Edberg en 1996, Jimmy Connors en 1991, John McEnroe en 1991, Pancho Gonzalez en 1968, ou encore Nicola Pietrangeli en 1964. Cas exceptionnel pour ce dernier, le public le rappelle, et l’Italien revient sur le court. Autres souvenirs qui mettent à mal le cliché du français chauvin, ces souvenirs de sifflets, qui n’ont quasiment épargné personne, de Jean Borotra à Jo-Wilfried Tsonga en passant par Yannick Noah, Henri Leconte, Françoise Dürr ou Mary Pierce…

 

3/ Le public de Roland-Garros aimait envahir le court après les rencontres

 

Rien ni personne n’empêchait autrefois les spectateurs de venir tailler une bavette avec les joueurs sur le court… En 1974, des dizaines de gosses descendent ainsi des tribunes pour toucher Björn Borg, ou essayer de lui chiper une raquette. Le curseur de la paranoïa était alors à zéro et tout le monde trouvait ça normal. Après 1983, quand tout le central a dégringolé sur le court, porté par l’euphorie de Zacharie Noah venu embrasser son fils, ça n’a plus été possible.

 

4/ Le public parisien reste le roi de la vanne

 

« De nos jours, on n’interrompt plus guère un acteur, un artiste avant la fin de sa tirade ou de l’acte : pourquoi le spectateur du court central serait-il moins docile ? » Déjà en 1929, Jean Borotra avait pris la plume pour demander au public de Roland-Garros de faire moins de gaz. Ce dernier gardera pourtant son côté poulailler des théâtres du  boulevard du crime jusqu’à la fin du siècle. Quelques bonnes répliques ? « On dirait un simple dames », hurle un spectateur du Central pendant le quart de finale entre Brichant et Fraser en 1958. Gerulaitis, trop attentiste contre Connors en 1980, est lui prié de passer à la vitesse supérieure : « Va sur les courts annexes si c’est pour jouer à la baballe ! ». Rarement supporté lors de sa finale perdue en trois sets contre Mats Wilander, Leconte a dû en plus affronter les moqueries. Le « T’inquiète pas Henri, on est là ! » à 2 sets 0 pour le Suédois reste, malheureusement pour le Français, le moment le plus drôle de l’édition 1988.

 

5/ Le public parisien a longtemps été le roi de la resquille

 

Avant que le stade ne devienne une forteresse imprenable, combien de livreurs bidon ont été refoulés à ses portes ? Combien de faux cousins de Philippe Chatrier ? On saluera aussi la mémoire de ces spéléologues amateurs qui ont creusé un tunnel entre la Porte des Mousquetaires et le court n°3. Et que dire de ce voisin proposant aux candidats à l’escalade, en échange de quelques pièces, d’utiliser son échelle ?

 

6/ Le public parisien aime lancer des objets sur le court

 

Le grand Rod Laver a reçu des gravillons dans la figure quand il affrontait des Français en double (1956), Kim Warwick une bouteille de coca (1978) et Martina Hingis… un œuf (2001). Avis aux amateurs : on n’a encore jamais lancé de chaises, de tables, de cendriers, ni même de tomates… Il y a encore largement de quoi innover.

 

7/ Le public parisien est souvent composé d’enfants… bruyants

 

Jusqu’en 1972, ils sont là tous les jeudis. On les appelle alors « les potaches » et l’entrée est gratuite pour eux. Désormais c’est le mercredi qu’ils se déplacent par milliers et que les nerfs des joueurs sont mis à rude épreuve. Une gamine, en 1983, a vu John McEnroe lui adresser un « Shut up ». En 1989, sur le court 1 où tout résonne plus qu’ailleurs, Thierry Tulasne les arrose d’un magnifique « Vos gueuuuules » étiré sur quatre secondes...

 

8/ La folie des « streakers » n’a pas épargné Roland-Garros

 

On se souvient de l’hurluberlu venu perturber Roger Federer lors de la finale 2009, ou encore de cet homme torse-su, tatoué des noms du Président Chirac et de son premier ministre De Villepin, provoquant un fou rire chez Mary Pierce en 2005. En 1981, et c’est le premier cas « connu », un trentenaire téméraire affublé d’un bob Tennis Magazine et d’une pancarte en carton sur laquelle il demande un entretien avec le Pape, apparait aux côtés d’Hana Mandlikova lors de la remise des prix. Belle performance : il reste 21 secondes dans la tribune présidentielle, avant d’être chassé par Philippe Chatrier en personne.

 

 

9/ Le public parisien a changé la bande son du tennis

 

Entre 1974 et 1978, le nombre de spectateurs quadruple sur l’ensemble de la quinzaine, et c’est toute la bande son de Roland-Garros qui change ! Le tennis est désormais à la mode, et attire des spectateurs venant d’autres sports, comme le football. C’est dans ce contexte qu’en 1976, chauffé à blanc par la star italienne Adriano Panatta, ce « nouveau » public lance la mode, si commune aujourd’hui, des encouragements personnalisés (« Allez Adriano ! Allez Panatta ! »), qui jusqu’alors étaient considérés comme inutiles ou vulgaires par les puristes.

 

10/ Parmi les spectateurs de Roland-Garros, certains arrivent directement du festival de Cannes

 

Sur demande de Philippe Chatrier, alors président de la FFT, c’est l’actrice Juliette Mills (Canicule, Flic ou voyou) qui a été chargée de jouer les rabatteuses de luxe au milieu des années 70. Et Roland-Garros est ainsi (re)devenu le fief des gens de cinéma ! Mills ayant un bon carnet d’adresses, sont apparus alors Claude Lelouch, Jean Rochefort, Claude Brasseur, Michel Piccoli, et surtout Jean-Paul Belmondo, qui n’a quasiment pas manqué une édition du tournoi depuis.

 

Par Julien Pichené

Article rédigé par

So Press

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