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Les surprises de Roland que personne n’a vues venir !

Les tournois de préparation qui se déroulent en ce moment ne sont pas forcément un bon indicateur de ce qui va se passer à Paris. La preuve en neuf exemples.

Un printemps pourri n’annonce pas forcément un mauvais Roland-Garros ! Autrement dit, les tournois de préparation qui se déroulent en ce moment ne sont pas forcément un bon indicateur de ce qui va se passer à Paris. Car si l’histoire a prouvé qu’il était possible de gagner un Masters 1000 avant de perdre au premier tour à Paris (Nyström en 1986, Wawrinka en 2014, etc…), l’inverse est plus fréquent. En voici quelques exemples.

 

Jimmy Connors, demi-finaliste en 1979

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1979 : aucun match

 

Après cinq années de brouille avec Paris, Jimmy Connors débarque sur un coup de tête en 1979 : début mai, deux semaines avant de décrocher son téléphone pour demander une invitation à la fédé, il joue encore en indoor à Dallas ! Le jour de son entrée en lice, le 29 mai, la superstar américaine n’a plus disputé la moindre rencontre sur terre battue européenne depuis… le 5 juin 1973 ! Emporté par la foule, accueilli comme un messie venu sortir le public de la tyrannie argentino-suédoise du lift, Connors parvient à pousser ses fameux rugissements jusqu’aux demies, où Victor Pecci, l’attaquant à l’oreille percée, réussit l’exploit de lui voler la vedette.

 

Christophe Roger-Vasselin, demi-finaliste en 1983

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1983 : 1 victoire / 5 défaites

 

Lorsque commence Roland-Garros 1983, le vainqueur junior de l’édition 1975 végète à la 131è place du classement ATP. Christophe Roger-Vasselin ne compte qu’une seule victoire depuis septembre, et il n’a ni entraîneur ni objectif. Invraisemblable demi-finaliste au style resté figé dans les années 70, le Français s’offre même Jimmy Connors en quart de finale, dégageant parfaitement le tableau pour Yannick Noah. Le futur vainqueur n’a d’ailleurs pas manqué de le remercier, en l’écrasant 63 60 60.

 

Mikael Pernfors, finaliste en 1986

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1986 : 2 victoires / 2 défaites

 

Au début de cette quinzaine magique et unique pour lui, le CV de Mikael Pernfors, 27è à l’ATP, est bien maigre : il n’a tout simplement jamais gagné la moindre rencontre sur terre européenne. Le contreur suédois renverse finalement tous les grands attaquants de sa partie de tableau (Edberg, Becker et Leconte), décroche un contrat avec Nike en cours de tournoi, et deviendra culte avec sa coupe en brosse et ses shorts trop larges. La bouille de Pernfors, qui fera la Une de Vogue l’année d’après, en juin 1987, se même retrouve à l’époque en vitrine de nombreux salons de coiffure !

 

Johan Kriek – demi-finaliste en 1986

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1986 : aucun match

 

Ne jamais se plaindre d’avoir une femme qui aime faire les boutiques ! Surtout connu pour avoir opportunément remporté l’Open d’Australie pendant deux années où le tournoi était déserté par les vedettes du jeu, Johan Kriek teste une première fois Roland-Garros en 1979, avant de snober le tournoi pendant sept ans. Quand l’Américain revient en 1986, ce n’est même pas pour le plaisir de la terre battue, qu’il déteste : « Je suis venu jouer ici car j’accompagne ma femme qui voulait faire du shopping à Paris ». Personne n’aurait retenu cette boutade si Kriek n’avait pas passé cinq tours, se faufilant d’une manière tout autant saugrenue qu’imprévue en demi-finale. Entre un début de bagarre avec Luiz Mattar au troisième tour, une victoire surprise sur le vieux Guillermo Vilas en quart et une demie intégralement disputée en pantalon de jogging (ce qui est interdit aujourd’hui) contre Lendl, Johan Kriek a presque fait plus parler de lui durant la quinzaine que durant toute sa carrière. Merci Madame Kriek ? « Quand je vois la facture de l’American Express de ma femme, je me dis que j’ai plutôt intérêt à gagner des matches. »

 

Michael Chang, vainqueur en 1989

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros : 5 victoires / 1 défaite

 

Son service à la cuillère symbolise le triomphe de la jeunesse et de l’impertinence. Déjà très médiatisé à 17 ans, Michael Chang n’a rien fait de dingue sur terre battue avant de faire peur à tout le monde à Paris. À Charleston début mai, diminué, il est même contraint de déclarer forfait avant son quart de finale.

 

Jim Courier, vainqueur en 1991

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1991 : 2 victoires / 2 défaites

 

L’image avait marqué son époque : Jim Courier achevant Andre Agassi d’un ace assassin, puis tombant à la renverse les bras en croix, hilare. Trois semaines avant ce premier titre majeur, Jim Courier se faisait « pourrir » sur le parking du Foro Italico par l’un de ses coaches, Brad Stine. Battu en huitième à Rome après avoir été défait d’entrée à Hambourg, Stine prenait Courier par le col pour le sommer d’avoir un peu plus d’ambition… Ça n’a pas trainé.

 

Henri Leconte, demi-finaliste en 1992

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 1992 : 3 victoires / 4 défaites

 

Que faisait Henri Leconte quand il avait un coup de moins bien ? Il allait respirer l’air de Normandie ! Et que faisait-il à son retour ? Il volait sur le court tel un illuminé. Le 28 avril, battu d’entrée par Larsson à Munich, Leconte sent la déprime : « Je commence à être fatigué de ces combats pour retrouver mon niveau. J’en ai ras-le-bol ! » Le spectacle de sa résurrection parisienne reste l’un des plus effarants jamais vus à Roland-Garros. Etourdissant de panache et d’envie, généreux comme un héros de cape et d’épée, le 200è mondial s’envole jusqu’aux demi-finales en écartant au passage le tenant de Wimbledon Michael Stich. La légende du « vengeur masqué » était née. Culte.

 

Magnus Larsson, demi-finaliste en 1994

Bilan sur terre battue en arrivant à Roland-Garros : 2 victoires / 4 défaites

 

Ça a été la règle pendant 20 ans : pas une année à Roland sans au moins un Suédois en quart de finale ! Si la terre battue commence à devenir un cauchemar pour Stefan Edberg, la Suède sort un autre blond de son chapeau en 1994 : Magnus Larsson, un faux lent de près de 2 mètres, bien plus spectaculaire et inventif que la plupart des vikings qui l’ont précédé à Paris. Larsson marquera les esprits en se faisant une place dans le dernier carré après avoir sauvé six balles de match au panache en quart de finale contre un troisième couteau allemand, Henrik Dreekmann.

 

Mariano Puerta, finaliste en 2005

Bilan sur terre battue avant Roland-Garros 2005 : 9 victoires, 1 défaite

 

Evidemment, le parcours de Mariano Puerta n’a plus rien eu d’étonnant maintenant que l’on sait que le joueur de Cordoba s’est fait rattraper par la patrouille. Quelques heures après avoir raté deux occasions de jouer un cinquième set contre le jeune Rafael Nadal en finale, le lifteur gaucher se faisait contrôler positif à un stimulant cardiaque. Récidiviste, il sera banni à vie du tournoi. Rafael Nadal, lui, allait en devenir le roi. Chacun son destin.

 

Par Julien Pichené

Article rédigé par

So Press

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