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Top 10 : les esseulés du tennis

Le Dominicain Victor Estrella Burgos a récemment gagné le tournoi ATP de Quito. Mais il n’est pas le seul à venir d’un petit pays et porter l’histoire nationale de ce sport sur leurs seules épaules. Tour du monde de ces solitaires de la balle ja

Eux ne rêveront jamais de remporter la Coupe Davis par BNP Paribas. Et pour cause : à l’image du Dominicain Victor Estrella Burgos, récent vainqueur du tournoi ATP de Quito, ils viennent d’un petit pays sur la mappemonde et portent l’histoire de leur tennis national sur leurs seules épaules, sans aucun autre collègue jamais titré ou jamais classé parmi les 100 premiers à l’ATP. Tour du monde de ces solitaires de la balle jaune.

 

Marcos Baghdatis (Chypre)

 

Une finale d’Open d’Australie, une demie à Wimbledon, quatre titres ATP et une cote d’amour extraordinaire aux quatre coins du monde, fondée sur les innombrables diasporas grecques mais aussi sur un capital sympathie phénoménal. Il faudrait d’ailleurs qu’un de ses fans songe à le prévenir qu’il est temps pour lui de revenir en Coupe Davis par BNP Parivas, alors qu’il a l’an dernier fait pour la première fois l’impasse sur une campagne depuis ses débuts dans la compétition, en 2000, à 14 ans…

 

 

Victor Estrella Burgos (République dominicaine)

 

Mieux vaut tard que jamais : en remportant le tournoi ATP de Quito à l’âge de 34 ans, Victor Estrella Burgos est devenu le joueur le plus âgé à ouvrir son palmarès sur le Tour ATP. La confirmation d’une trajectoire ascendante depuis un an, lui qui a atteint le troisième tour du dernier US Open… tout juste douze ans après ses premiers pas parmi les professionnels. Eloge de la patience.

 

Ronald Agenor (Haïti)

 

Origines haïtiennes, naissance au Maroc, enfance au Congo et arrivée en France à l’âge de 14 ans, dans le sillage d’un père diplomate aux Nations Unis : Ronald Agenor avait la prédisposition aux voyages nécessaire pour faire carrière dans le tennis… tant et si bien qu’il a bourlingué deux décennies sur le circuit, croisant aussi bien Guillermo Vilas que Gustavo Kuerten. Ses grandes années vont de 1987 à 1990, période dense où il engrange trois titres (Athènes 1989, Berlin et Gênes 1990), un quart de finale à Roland-Garros (1989), une demie à Rome (1988) et monte jusqu’au 22e rang mondial. Représentant d’Haïti lors de trois olympiades (1984, 1988, 1996), « l’Haïtien de France » a aussi été protagoniste, avec Yannick Noah, de la première finale ATP opposant deux joueurs noirs (Bâle 1987).

 

 

Gilles Müller (Luxembourg)

 

Si le Luxembourg n’a pas été avare en joueuses de valeur (Anne Kremer, Claudine Schaul, Karin Kschwendt), son volet masculin à haut niveau repose sur le seul Gilles Müller, champion du monde junior en 2001 et auteur ensuite d’une carrière d’intermittent du spectacle, au fil de nombreuses blessures. Mais quand les planètes veulent bien s’aligner… son jeu atypique de gaucher serveur-volleyeur lui a permis de surprendre Rafael Nadal à Wimbledon (2005), Andy Roddick à l’US Open (2005) ou encore Nikolay Davydenko, toujours à New York (2008), année où il atteint les quarts de finale du tournoi en sortant des qualifications.

 

Juan Antonio Marin (Costa Rica)

 

Une assiduité rare parmi les 150 premiers mondiaux, et tout ça pour quoi ? Tout ça pour un triste record de 17 défaites au premier tour en autant de participations à des tournois du Grand chelem. Ironie du sort : il obtint sa meilleure chance de mettre fin à la malédiction aux dépens du grand Pete Sampras, à Roland-Garros en 1999, mais s’inclina au bout de 4h20 de jeu (6/7 6/4 7/5 6/7 6/4). Son Grand chelem à lui, c’était le tournoi de Bastad, où il a remporté son seul titre ATP en 1999, deux ans après en avoir déjà disputé la finale.

 

 

Jean-Julien Rojer (Antilles néerlandaises puis Curaçao)

 

Territoire autonome du royaume des Pays-Bas, les Antilles néerlandaises ont existé de 1954 à 2010, date de leur dissolution. Sportivement dommageable alors que deux natifs de ces îles des Caraïbes prenaient justement leur envol à ce moment-là : Churandy Martina, champion d’Europe d’athlétisme, et Jean-Julien Rojer, éminent spécialiste de tennis en double. Monté jusqu’au 6e rang mondial, Rojer a notamment gagné le Masters 1000 de Miami en 2013 et disputé quatre demi-finales en Grand Chelem. Il a aussi remporté le double mixte de Roland-Garros en 2014.

 

Ernests Gulbis (Lettonie)

 

A chaque pays balte son représentant ces dernières années : Jürgen Zopp (ATP 71) pour l’Estonie, Ricardas Berankis (ATP 67) pour la Lituanie, mais on retiendra surtout Ernests Gulbis pour la Lettonie. Un joueur à double facette, flamboyant par séquences, au revers aussi exceptionnel que son coup droit est improbable. Question résultats, la plus belle gueule du tennis mondial depuis Marat Safin compte une demi-finale à Roland-Garros en 2014, un autre quart à Paris en 2008, six titres ATP et un face-à-face en carrière joliment à l’équilibre avec un certain Roger Federer (deux victoires, deux défaites).

 

 

Sargis Sargsian (Arménie)

 

Le meilleur ami d’Andre Agassi sur le circuit a passé un peu plus de huit ans bien au chaud au creux du Top 100, avec pour points culminants un titre à Newport (1997) et des huitièmes de finale à l’Open d’Australie (2003) et à l’US Open (2004). Notamment tombeur d’Andy Roddick au premier tour de Roland-Garros en 2003, il fait partie de la brochette de seconds couteaux qui ont transformé en calvaire le parcours de l’Américain à Paris.

 

Dustin Brown (Jamaïque)

 

Né d’un père jamaïcain et d’une mère allemande, Dustin Brown a plus hérité de la fantaisie made in Kingston que de la rigueur germanique. Et avant de choisir de représenter l’Allemagne en Coupe Davis par BNP Paribas à partir de 2011, il a eu le temps d’écrire quelques pages d’histoire du tennis jamaïcain : premier joueur de son île à remporter un titre ATP (le double à Metz en 2010), premier à « craquer » le Top 100 en simple comme en double, ou encore premier à gagner un match dans le grand tableau d’un Grand Chelem depuis les balbutiements de l’ère Open (US Open 2010)…

 

 

Aleksandar Kitinov (Macédoine)

 

Médiocre joueur de simple, Aleksandar Kitinov a passé une douzaine d’années à faire l’ascenseur entre circuit principal et Challengers en double. Stakhanoviste des courts – en 1999, il joue 40 semaines sur les 45 du calendrier ATP – il compte trois titres en carrière (Bournemouth 1997, Bâle 1999, Bucarest 2001) et monte jusqu’au 38e rang mondial de la discipline, ce qui en fait, et de loin, le plus grand joueur macédonien de l’histoire… Même si là-bas on aime rappeler que Daniel Nestor, légende du double canadien né Nesterovic, a des ascendances macédoniennes, et que la future star annoncée du tennis américain Stefan Kozlov, vainqueur du dernier Orange Bowl, est née à Skopje. Les aléas de l’émigration, ce même phénomène qui a privé la Grèce d’un duo de choc Sampras - Philippoussis dans les années 1990.

 

Par Guillaume Willecoq

Article rédigé par

So Press

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