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Quel début de saison pour les participants à l’IPTL ?

Les participants de l’IPTL ont-ils laissé des plumes durant cette lucrative exhibition de décembre ? Pour le savoir, on a passé en revue les performances australes de ceux qui ont fait des heures supplémentaires en décembre.

Côté pile, un format innovant et l’ouverture de nouveaux horizons pour le tennis. Côté face, un énorme jackpot pour les joueurs et joueuses mais un début de saison 2015 hypothéqué. On a beaucoup glosé sur l’International tennis premier league (IPTL), et ces deux facettes n’étaient pas forcément incompatibles. Pour quel bilan concret ? A la lumière de la tournée australe, on a passé en revue les performances de ceux qui ont fait des heures supplémentaires en décembre.

 

Les premiers tournois de l’année avaient dessiné une tendance. La première semaine de l’Open d’Australie l’a encore accentuée : en ce début 2015, il ne fait pas bon avoir participé à l’ITPL, ce gigantesque show exhibition disputé à cheval entre les Philippines, Singapour, l’Inde et les Emirats Arabes Unis, en décembre dernier. Des seize joueurs professionnels engagés dans l’épreuve, une nette majorité d’entre eux a réalisé une entame de saison décevante. Hasard ou fatalité ?

 

Chez certains, le lien de cause à effet ne fait guère de doute. Blessé au bras depuis l’automne dernier, Marin Cilic l’a d’ailleurs reconnu avec honnêteté dans le communiqué annonçant son forfait pour l’Open d’Australie : une telle expédition à l’autre bout du monde, même pour une exhibition, ne s’accordait pas avec un protocole de guérison rationnel. « Les docteurs m'ont mis en garde à propos du fait que ma blessure pouvait s'aggraver. » Le tenant du titre de l’US Open a fait son choix… tout comme Jo-Wilfried Tsonga, lui aussi touché de manière persistante au bras depuis le dernier trimestre 2014. L’étape australe sacrifiée, tous deux espèrent revenir sur le circuit en février, pour la tournée indoor en Europe.

 

Federer bon pour la révision des 1000 bornes

 

D’autres ont pu jouer les divers tournois des antipodes, mais n’y ont pas pour autant brillé. Ou plutôt, se sont progressivement éteints : Roger Federer, crédité à Brisbane de son 83e titre professionnel et de son 1000e match gagné, a disparu dès le troisième tour à Melbourne, face à un joueur, Andreas Seppi, auquel il n’avait auparavant laissé qu’un set en dix rencontres. Lors de la semaine précédant l’Open d’Australie, Pierre Paganini, préparateur physique du Suisse, avait déclaré que sa longue saison 2014 – conclue tardivement par une victoire en Coupe Davis par BNP Paribas – et l’engagement en IPTL avaient bouleversé la préparation hivernale de l’horloger bâlois. A 33 ans, Federer n’a logiquement pas été en mesure de supporter pareilles cadences… qu’il évitait soigneusement de s’infliger lorsqu’il était au zénith de sa carrière.

 

Caroline Wozniacki aussi avait débuté fort, qualifiée pour la finale dès son premier tournoi à l’agenda, à Auckland. Mais à partir de là, tout s’est dégradé : battue en finale de l’épreuve néo-zélandaise par Venus Williams, la Danoise a ensuite abandonné au premier tour à Sydney, évoquant une inflammation au poignet avec laquelle elle compose ces derniers mois. Et à Melbourne, elle a disparu dès le deuxième tour, balayée par la « furia » de Victoria Azarenka, de retour de blessure, aussi fraîche physiquement que mentalement.

 

L’orteil remplaçant le poignet dans le rôle du maillon faible, Ana Ivanovic a présenté la même courbe de performances déclinante au fil de la tournée australe, marquée par une bonne finale à Brisbane pour sa reprise, avant de disparaître à la surprise générale dès le premier tour de l’Open d’Australie, battue par la Tchèque Lucie Hradecka.

 

Tout nouvel entraîneur de Gaël Monfils, Jan de Witt a également récupéré un joueur « revenu très fatigué de ses trois semaines en Asie. » Alors le Français a sorti sa carte « raisons personnelles » pour justifier son absence à tout tournoi de préparation au premier Grand Chelem de l’année, avant de perdre au deuxième tour à Melbourne.

 

Joueurs et joueuses plus éloignés dans la hiérarchie mondiale, les défaites précoces à répétition de Daniela Hantuchova, Kirsten Flipkens, Kristina Mladenovic et Lleyton Hewitt ne sont pas à proprement parler des coups de tonnerre, mais leur accumulation n’est pas pour autant anodine : trois tournois disputés, trois éliminations au deuxième tour pour la Slovaque ; trois tournois disputés, un seul match gagné pour la Belge et la Française ; et enfin deux tournois au compteur chez le vétéran australien, pour un match remporté.

 

Novak et Serena, points d’interrogation ou points sur les « i »

 

Le bilan austral s’avère donc plutôt morose pour la plupart des participants à l’ITPL. Il y a toutefois des exceptions, à commencer par Andy Murray et Tomas Berdych. L’Ecossais a opté pour une reprise en douceur visiblement payante, puisqu’il a remporté l’exhibition d’Abu Dhabi avant de traverser en trombe la première semaine de l’Open d’Australie. Le Tchèque, grosse « caisse » du circuit, rarement blessé, a de son côté atteint la finale à Doha et n’a pas baissé de rythme sur les courts de Melbourne Park. Quant à Maria Sharapova, son début de saison ressemble fort à un sans faute, puisque titrée à Brisbane et toujours en lice en deuxième semaine à Melbourne… sauf qu’à deux balles de match près pour sa compatriote Alexandra Panova au deuxième tour, la Russe rejoignait Federer au cimetière des éléphants ! Enfin, l’Australien Nick Kyrgios est un cas particulier : forfait à la Hopman Cup en raison d’une blessure au dos contractée à la fin 2014, encore éliminé au premier tour à Sydney, l’apprenti champion des antipodes s’est spectaculairement retrouvé à Melbourne, où il a réussi à obtenir un deuxième quart de finale en Grand chelem, six mois après celui décroché à Wimbledon.

 

Reste, pour clôturer ce tour d’horizon, deux inconnues – et non des moindres : Novak Djokovic et Serena Williams. Pas franchement à leur avantage pour leur galop d’essai en 2015, les numéros 1 mondiaux sont toujours en lice à Melbourne, et c’est bien l’essentiel. Le Serbe a débarqué dans son Grand chelem favori avec dans les valises un forfait en finale de l’exhibition d’Abu Dhabi, fiévreux, suivi d’une défaite en quart de finale à Doha contre le serveur fou Ivo Karlovic. Quant à l’Américaine, même si la Hopman Cup n’est pas une compétition officielle, ses résultats à Perth interpellent : une pause café contre Flavia Pennetta alors qu’elle avait perdu le premier set sur une « bulle » (score final : 0/6 6/3 6/0), une sévère défaite contre Eugénie Bouchard (6/2 6/1), une victoire difficile contre Lucie Safarova au tiebreak du troisième set, et enfin son premier revers en carrière contre Agnieszka Radwanska.

 

Alors certes, la Hopman Cup ne compte ni pour le classement mondial, ni dans les palmarès de la WTA, mais ce n’était pas pour autant attendu de voir la n°1 mondiale si généreuse avec ses adversaires. Quoi qu’il en soit, pour de tels champions, seuls les grands titres comptent. Et seul un trophée soulevé le week-end prochain réduira au rang d’anecdote ou, au contraire, sanctionnera, leur participation à une exhibition décidément pas comme les autres.

 

Par Guillaume Willecoq

Article rédigé par

So Press

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