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Les cinq familles des capitaines de Coupe Davis par BNP Paribas

Le capitaine de Coupe Davis par BNP Paribas est cet homme assis sur une chaise qui encourage et conseille ses joueurs. Un boulot simple en apparence. Pourtant il existe bien des façons de l’appréhender.

Il n’est ni entraîneur, ni vraiment sélectionneur et son travail l’occupe au mieux quatre semaines dans l’année. Le capitaine de Coupe Davis par BNP Paribas est cet homme assis sur une chaise qui encourage et conseille ses joueurs. Un boulot simple en apparence. Pourtant il existe bien des façons de l’appréhender.

 

Le spécialiste

 

Capitaine de Coupe Davis n’est peut-être pas un boulot à temps plein, mais certains l’ont occupé assez longtemps – et avec la réussite qui va avec – pour revendiquer l’étiquette de spécialiste. Avec seize victoires à son palmarès entre 1939 et 1967, l’Australien Harry Hopman (qui donnera son nom à la Hopman Cup) est le recordman indépassable. Il faut dire qu’à l’époque, le vainqueur sortant affrontait directement son challenger en finale. Depuis, aucun capitaine n’est parvenu à remporter plus de deux fois de suite le Saladier d’Argent. Le dernier en date s’appelle Jaroslav Navratil. Modeste joueur de double, le Tchèque va guider le duo Berdych-Stepanek à la victoire en 2012 et 2013. Un beau palmarès pour un quasi-inconnu. Patrick McEnroe avait lui un nom, la Coupe Davis par BNP Paribas lui a permis de se forger un prénom. En 2000, il succède à son grand-frère John démissionnaire et guide sept ans plus tard les Etats-Unis vers la victoire finale face à la Russie, mettant fin ainsi à douze années de disette. Il quitte son poste en 2010 après 10 ans passés sur la chaise. Un record de longévité pour un capitaine américain.

 

L’inclassable

 

Avec quatre victoires en Fed Cup par BNP Paribas et deux en Coupe Davis par BNP Paribas,  Shamil Tarpischev mériterait aussi d’être classé comme un spécialiste. Mais quand d’autres capitaines s’agitent, noircissent des carnets de notes ou abreuvent leurs joueurs en conseils, le Russe, lui, reste impassible. Comme si le sort de la rencontre lui était indifférent. Entraîneur à succès de Maria Sharapova ou Anastasia Myskina, Tarpischev est aussi connu pour être le professeur de tennis de Boris Eltsine. En 2002, l’ancien président de la Russie assiste à la première finale de son pays à Paris contre la France. A la surprise générale, son ami lance le jeune Mikhail Youzhny pour le cinquième et dernier match, à la place d’Ievgueni Kafelnikov. Mené deux sets à rien face à Paul-Henri Mathieu, Youzhny renverse la situation et donne la victoire à la Russie. Il paraît qu’on a même vu Tarpischev esquisser un sourire pour l’occasion.

 

Le gourou

 

Yannick Noah méritait bien une catégorie à lui tout seul. Finaliste malheureux en 1982 comme joueur, il accepte de succéder à Patrice Dominguez neuf ans plus tard comme capitaine, en parallèle à sa carrière naissante de chanteur. Noah tranche avec le capitaine traditionnel vissé sur sa chaise. Lui saute, gesticule, cherche à transmettre son énergie à ses joueurs et contribue au spectacle du match. Noah marche à l’instinct comme lorsqu’il titularise pour la finale de 1991 face aux Etats-Unis un Henri Leconte tout juste remis d’une opération au dos. Pari gagnant. La France soulève le Saladier d’Argent pour la première fois depuis 1932. La magie Noah opère de nouveau en 1996 quand Arnaud Boetsh apporte au bout de la nuit le point de la victoire face à la Suède de Nicklas Kulti. Quelques jours avant cette finale, il donnait sa conception du poste : « La technique, je m'en fous. Je ne leur dis pas: ‘Tourne ton épaule sur ton revers’. Le plus intéressant, c'est de comprendre ce qui parasite leur jeu. Pourquoi il n’a pas envie ? Pourquoi il ne pousse pas au bon moment ? Mon but, c'est de m'imprégner de leurs problèmes. Et de leur permettre de s'en évader. »

 

Le bon copain

 

Le tennis est un drôle de sport où le joueur peut virer son entraîneur. En Coupe Davis par BNP Paribas, il a aussi son mot à dire pour engager ou dégager le capitaine. Si Carlos Moya a été la tête de l’équipe espagnole, il le doit à son palmarès de joueur (ancien numéro un mondial et vainqueur de Roland-Garros) mais aussi à son amitié avec un autre Majorquin, un certain Rafael Nadal. Roger Federer a fait plus fort encore. Le Suisse a installé son coach personnel, sparring-partner et ami Séverin Lüthi sur la chaise de l’équipe helvète. Ancien 622e joueur mondial, le Bernois a toujours défendu son copain et employeur, même lorsque ce dernier ne donnait pas toujours l’impression de s’impliquer à fond pour son équipe nationale. Et quand Federer demande à être exempté de double cette saison face à l’Italie, Lüthi accepte sans protester. « Je n’ai pas vraiment essayé de le convaincre de changer d’avis », admet-il. Un copain pas contrariant.

 

Le malheureux

 

La Coupe Davis par BNP Paribas, ils l’ont aimée comme joueur et pensaient bien retrouver la même joie en passant de l’autre côté. Mais le métier de capitaine réserve parfois quelques mauvaises surprises. Même quand on s’appelle John McEnroe. En 1999, « Big Mac » prend les rênes de l’équipe américaine et dispose avec André Agassi et Pete Sampras d’une équipe de rêve. Mais privé de ses deux stars en demi-finale face à l’Espagne, il envisage de… s’aligner lui-même, avant de de se rétracter. Une défaite 5-0 plus loin, le New-Yorkais présente sa dimension. Michael Stich va connaître le même sort en 2001. Alors que l’Allemagne doit en passer par un barrage contre le Venezuela pour rester dans le groupe mondial, son capitaine veut imposer son ancien rival Boris Becker pour disputer le double (et gonfler un peu les droits télés de la rencontre). Face à la réticence de ses joueurs, Stich préfère rendre son tablier. Un sort presque enviable par rapport à celui de Jacob Hasek cette même année. Fâché avec Marc Rosset et surtout le jeune et encore impétueux Roger Federer, le capitaine suisse vit un cauchemar face à la France. Federer ne lui adressera pas un mot lors sa défaite face à Nicolas Escudé. « Je n'ai pris aucun plaisir à être sur le court aujourd'hui », lâche le Bâlois en conférence de presse. Hasek en tire la seule conclusion possible et propose sa démission. Autant dire qu’elle a été très vite acceptée.

 

Par Alexandre Pedro

Article rédigé par

So Press

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